Adrien Hardy, une force tranquille qui vise le podium sur le classement général de la Solitaire

Adrien Hardy, une force tranquille qui vise le podium sur le classement général de la Solitaire

Auteur d’un début de saison régulier et remarqué comme l’atteste sa 4e place au Championnat de France de course au large, Adrien Hardy s’apprête à disputer sa 9e Solitaire Urgo le Figaro . A 32 ans, le skipper d’AGIR RECOUVREMENT a tout d’une force tranquille : excellente maîtrise du support, bonne vitesse générale, régatier expérimenté, et trois victoires d’étapes. Après une pause en 2016, Adrien Hardy est de retour sur la Solitaire Urgo le Figaro. Pour AGIR RECOUVREMENT, l’année 2017 est doublement remarquable : l’entreprise choletaise fête ses 10 ans de partenariat avec Adrien et est actuellement le plus ancien sponsor d’un bateau sur la Solitaire ! Confiant et concentré dans sa préparation depuis cet automne, le marin nantais pourrait bien être un des noms marquants de cette édition 2017. Il revient en détail sur le parcours de la Solitaire et passe en revue les principaux concurrents susceptibles de briller cette année.

 

C’est un Adrien Hardy serein et souriant qui analyse sur le ponton de son Figaro à Lorient les temps forts des quatre étapes : « Le parcours 2017 est bien équilibré entre les tronçons hauturiers et côtiers : une double traversée du golfe de Gascogne lors des deux premières étapes avec Gijón. Avec des distances théoriques de 525 et 420 milles, on va disputer de grandes étapes qui seront cruciales. Les traversées du golfe provoquent généralement des écarts en temps qui peuvent être de plus de 30 minutes. L’arrivée en Espagne est souvent délicate, il y a des zones de calme en Galice à cause des reliefs, le vent n’est souvent pas bien établi et les prévisions sont généralement peu conformes à la réalité, car on est alors à J+3 après le départ. Avec la troisième étape, on change de régime. Au départ de Concarneau, on va faire une boucle de 150 milles pour revenir à Concarneau : un parcours côtier, technique et tonique ! Il y aura probablement quelques minutes d’écart entre 3 et 10 minutes pour les dix premiers. Selon la hiérarchie dessinée par les deux premières étapes, il y aura peut-être déjà du marquage entre les leaders. La dernière étape entre Concarneau et Dieppe m’inspire confiance : je connais par cœur ce parcours, je n’ai que des bons souvenirs de victoires, et depuis plusieurs années, je réussis toujours les étapes 3 et 4 de la Solitaire. »

Une édition 2017 aussi relevée qu’ouverte

L’édition 2017 de la Solitaire Urgo le Figaro est particulièrement ouverte et les paris sur le podium final à la fin du mois de juin très incertains : « Aujourd’hui, il n’y a pas un marin qui se démarque vraiment des autres, qui aurait une suprématie comme on a pu avoir lors des éditions précédentes. Pour autant, en raison de leur palmarès, mais pas vraiment par leur supériorité ou leur vitesse, un groupe de quatre skippers se démarque : Jérémie Beyou, Yann Eliès, Nicolas Lunven et Charlie Dalin.

Les trois premiers ont déjà gagné la Solitaire. Beyou est très souvent régulier aux avant-postes, mais sera-t-il capable de tenir le rythme sur 4 étapes d’une course très exigeante ? Il y aura peut être un effet Vendée Globe pour les 3 et 4e étapes là où la gestion du sommeil et du physique est primordiale. Eliès, qui revient aussi du Vendée Globe, est évidemment un concurrent redoutable, mais en ce début de saison il n’exerce par une domination comme il avait pu avoir dans les années passées. Lunven a une bonne vitesse globale, il est très prudent dans ses choix, il fait un très bon début de saison puisqu’il est en tête du Championnat. Dalin est régulier, conservateur dans ses placements, et sait bien naviguer avec le paquet de tête. On sait qu’il peut être particulièrement rapide, mais de manière irrégulière comme on l’a vu récemment avec la Solo Maitre Coq. Il n’est pas très à l’aise sur les départs ni en navigation serrée, et a du mal à s’extirper de la flotte. »

L’objectif d’AGIR RECOUVREMENT : un podium au général

« Ce qui fait de cette édition 2017 une course plus ouverte que jamais c’est que la catégorie de favoris est poreuse avec celle d’outsiders où je mets Alexis Loison, Erwan Tabarly, Xavier Macaire, Thierry Chabagny et AGIR RECOUVREMENT.

De mon côté, depuis plusieurs années, je n’ai pas seulement gagné 3 étapes de la Solitaire, mais je réussis à être régulier, comme les 3 épreuves d’avant-saison et ma 4e place au Championnat. J’ai une vitesse générale harmonisée, je modère certains de mes placements et je minimise les prises de risques. Pour autant, je reste un skipper attentif aux opportunités et ma stratégie n’est pas uniquement défensive et conservatrice. J’ai confiance dans mes choix et je saurai marquer un avantage précis quand il le faudra.

Les départs sont primordiaux, car cela dessine une hiérarchie en tête de course et quand on y est, on n’a pas besoin de prendre des risques pour revenir. Cette année, je préfère prendre des risques sur les départs que dans l’étape en elle-même ! Mon objectif est de terminer sur le podium du classement général. »

AGIR RECOUVREMENT fête ses 10 ans de partenariat sur la Solitaire Urgo le Figaro

Le directeur d’AGIR RECOUVREMENT, Christophe Duperray revient sur la force du partenariat en cette année d’anniversaire : « Nous sommes le plus ancien sponsor d’un figaro Bénéteau en course : la fidélité à nos valeurs, nos clients et nos collaborateurs est un élément fort de notre identité toujours entretenue par S Paye le fondateur de l’entreprise. Le partenariat voile illustre bien notre attachement à la continuité et à la stabilité. Le fait d’être une société stable et conforme à ses engagements est très important pour nos clients qui nous confient leurs créances.

Pour autant, il faut savoir sans cesse se réinventer. En 2017, nous avons renouvelé une partie de l’identité visuelle de l’entreprise avec un nouveau logo et des nouvelles couleurs sur le Figaro. Pour ce qui est du départ à Bordeaux, nous sommes fiers d’inviter au départ à Bordeaux 130 collaborateurs et clients. Dans les jours qui précèdent le départ, Maxime Menard, le commercial pour la région bordelais, va inviter plusieurs de nos clients à venir visiter le figaro et échanger avec Adrien. Beaucoup de nos clients aiment et suivent notre skipper, c’est très fédérateur ! »

Une entreprise en croissance qui parie sur l’international et l’innovation

« Après avoir commencé notre développement international en Allemagne, en Grande-Bretagne puis en Italie et Espagne, nous poursuivons en 2017 en Belgique et Pays-Bas. En 2017, nous avons également développé une offre complémentaire : Nous proposons sur notre extranet du renseignement commercial : c’est une base de données qui permet à nos clients de disposer d’informations financières et de cotations sur leurs clients et prospects. En complément ils peuvent être alertés de tout événement économique et financier impactant la prise de décision sur leurs relations commerciales.

AGIR RECOUVREMENT, une entreprise familiale qui soigne la qualité de ses relations internes

« Nous avons aussi reçu le label Happy at work décerné suite à une série de questionnaires qui s’intéresse à la manière dont nos collaborateurs vivent à l’intérieur de l’entreprise, les relations entre collaborateurs et le plaisir à venir travailler. Chez AGIR RECOUVREMENT, 91.4 % de nos collaborateurs éprouvent du plaisir à venir travailler et 90,5 % trouvent du sens à ce qu’ils font. C’est un très bon résultat qui valide un ressenti général dans l’entreprise et salue l’excellent esprit mis en place par Stéphane Paye ! »

J- 10 avant le départ de La Solitaire URGO Le Figaro : Adrien Hardy vu par son entraineur Tanguy Leglatin

J- 10 avant le départ de La Solitaire URGO Le Figaro : Adrien Hardy vu par son entraineur Tanguy Leglatin

On connaît une des grandes vertus du circuit Figaro-Bénéteau : chaque coureur s’aligne au départ avec un bateau identique et c’est la qualité du marin qui fait ensuite toute la différence. Derrière chaque skipper, on néglige souvent les discrets travailleurs de la mer que sont les entraineurs. D’où tout l’intérêt d’une plongée avec l’entraineur d’Adrien Hardy pour mieux éclairer l’univers sportif du skipper d’AGIR Recouvrement. Entraineur reconnu et expérimenté de skippers de course au large, Tanguy Leglatin, coache à l’année près 60 coureurs sur de multiples supports : Minis, Class 40, Figaro-Bénéteau, 60 pieds IMOCA et multicoques. Stratégie, pilotage, manœuvres, conduite, réglage de voiles, il travaille sur l’eau l’ensemble de ces éléments avec Adrien depuis 10 ans. Il partage avec le skipper d’AGIR Recouvrement ce goût pour les nouvelles idées, la recherche d’améliorations et le patient travail de fond qui a permis à Adrien de devenir l’un des meilleurs figaristes du circuit.

 

À Lorient, Adrien et Tanguy travaillent ensemble depuis 2007, année de bascule où le marin nantais passe du circuit Mini 6.50 au Figaro : « Ma manière de travailler a intéressé Adrien : il y a évidemment l’approche technique, la conduite du bateau et les réglages, mais pas uniquement. La préparation physique tout comme l’approche individuelle de chaque coureur est capitale, la part du « mental » dans la réussite d’une course et d’une saison est déterminante. J’essaie donc de travailler avec la personne dans sa globalité et de proposer une vision globale de la course au large. La voile touche à de multiples domaines et dès qu’on en travaille un, il rentre en interactions avec d’autres : la technique, la stratégie, la météo, la gestion du sommeil, les sensations ressenties à la barre, l’observation du plan d’eau, etc. »

La dynamique de progression d’un skipper repose notamment sur la capacité à bien analyser les points forts et faibles : « Depuis que la Solitaire se déroule en juin, le travail de bilan de la saison et de remise en cause se passe à l’automne : à ce moment, on analyse toutes les courses, on lance des idées et des pistes de travail puis on valide ou non et ensuite en début d’année suivante on réinstalle des repères basiques, solides pour se placer dans le rythme des courses qui arrive assez très tôt d’une saison assez dense. Il faut savoir que le Figaro ce n’est pas comme le vélo : quand le skipper arrête pendant la trêve hivernale ou change de support pendant plusieurs mois, il ne reprend pas instantanément ses marques, il y a tout un travail à faire pour retrouver un niveau d’excellence. C’est un bateau où il faut être très précis, dans la manière d’opérer un virement, une trajectoire, un envoi de voile. Donc chaque début de saison, on retravaille ces points. »

Saison 2017 : analyse du début de saison d’Adrien et pronostic pour la Solitaire
« Adrien est un très bon barreur, il fait bien attention aux trajectoires et est précis sur les phases de contact. Il a encore une marge de progression pour quelques réglages, en début d’année on a axé les entrainements sur ces quelques aspects. Adrien réalise un très bon début de saison. Il a trouvé les bons paramètres pour avoir une bonne vitesse à toutes les allures. Cette année, le championnat de France est assez révélateur, les trois premières courses disputées peuvent être prises comme l’équivalent de 3 étapes de la Solitaire du Figaro, il est actuellement 4e du championnat, c’est donc très encourageant ! Par rapport à la redoutable concurrence, Adrien a tous les atouts pour bien faire. Il a l’expérience, après une pause sur la Solitaire l’an dernier, il revient avec un regard frais. »

Tanguy Leglatin offre un regard d’expert sur la singularité du circuit Figaro : « Une des grandes difficultés du Figaro c’est qu’il faut être expérimenté pour gagner, mais avec les années, la fougue des débuts s’estompe progressivement. A partir de la troisième année et des suivantes, il y a un risque de routine, de lassitude de ne pas être dans la création, mais seulement dans la répétition. Il faut réussir à se renouveler, trouver comment ne pas faire les mêmes erreurs. Il y a beaucoup de psychologie, car chaque coureur vit des situations ou des courses où il est en retrait, en difficulté et a peur de perdre des milles. Il faut trouver le juste milieu entre la réinvention et la régularité avec des repères solides. On a un plateau très relevé et beaucoup de très bons skippers qui peuvent gagner. Le mental aura une part considérable dans cette Solitaire. Les deux premières étapes seront décisives : on verra si quelques coureurs se détachent des autres ou si on aura une Solitaire très ouverte jusqu’au bout… »