À 15h ce jeudi 5 avril, 24 solitaires et 10 équipages doubles s’élanceront à bord de leur Figaro pour la Solo/Duo Concarneau – Trophée Guy Cotten. Cette boucle de 300 milles et 2 nuits de mer offre un parcours côtier technique : passage de la pointe de Bretagne, de Ouessant, Belle-Ile et l’Ile d’Yeu, soit une quinzaine de marques de parcours à respecter. À moins de 3 semaines de l’AG2R La Mondiale et ses 3 800 milles, Adrien Hardy, le skipper d’AGIR RECOUVREMENT prendra le départ avec son coéquipier Thomas Ruyant avec l’intention de parfaire sa préparation d’avant-saison et de valider les derniers détails. Les conditions musclées, entre 20 et 30 nœuds, offriront une mise en jambe tonique et un beau spectacle.

 

Concentré sur la dernière ligne droite des préparatifs de l’AG2R, « en ce moment, explique Adrien, nous nous occupons du poids des bagages : choix du matériel embarqué, quantité et portions de nourriture, quantité d’eau par jour, rangement à bord, etc. », le skipper nantais rappelle les enjeux de cette Duo Concarneau : « C’est une course côtière avec beaucoup d’éléments de parcours à respecter entre le large de Brest et l’ile de Groix, c’est donc assez différent d’une traversée de l’Atlantique, mais elle fait appel aux mêmes enjeux : choix stratégique, fluidité de la communication à bord, manœuvres, etc. Nous n’avons pas fixé d’objectif de résultat avec Thomas, nous comptons poursuivre notre préparation et finir notre rodage ! L’objectif est d’avoir un bateau le plus proche possible de la configuration de l’AG2R. » Thomas Ruyant précise : « Cette course va surtout valider un fonctionnement à bord du bateau et permettre une bonne gestion des nuits en mer. »

 

« On est content de régater dans cette brise ! »

À l’aise dans le vent soutenu, Adrien détaille la météo des prochains jours : « La première nuit sera sportive, puis les conditions seront plus maniables. C’est plutôt bien d’avoir ce vent, cela va nous permettre d’affiner des réglages et de bien nous coordonner dans des conditions musclées. » « On est content de cette brise, souligne Thomas, car on n’avait pas eu trop de vent dans notre préparation, ça va compléter nos conditions d’entrainements. Cette course est un galop d’essai, on va se confronter avec une partie de la flotte, le parcours est technique avec plusieurs points à négocier. Vu les conditions, la course va être intense et rapide ! »

 

Comment se préparer à traverser l’atlantique ?

À moins de trois semaines du départ, Thomas revient sur la spécificité d’une transat : « Si nous avons de nombreuses transats à notre actif, ce n’est jamais anodin de traverser l’Atlantique ! D’autant plus qu’il y aura deux compétiteurs à bord, on ne voudra rien lâcher et surtout pas la barre où on se relayera à tour de rôle. » Adrien ajoute : « Malgré l’expérience d’une dizaine de transat, il y a toujours beaucoup de choses à préparer, y compris mentalement. Ce n’est pas un voyage de routine, il y a toujours des choses imprévues qui arrivent et il faut être préparé pour y faire face. Contrairement aux activités sur terre où il y a plein d’assistance possible, dans une transatlantique, on est loin de tout : on ne peut pas s’arrêter chez l’épicier du coin ou le garagiste !

Je me repense souvent à ma première transat en Mini 6.50, il y a 15 ans, c’était le grand saut ! Avec l’expérience, j’ai une bonne idée du cadre général que l’on va rencontrer, mais pas des détails : on se prépare donc sur plusieurs plans, afin de répondre, au cas où, à des situations différentes ou inconnues. »

Les deux marins pourront compter sur leur quinze d’expérience de course au large sur de multiples supports, et spécialement les dix ans d’expérience en Figaro pour Adrien. Les figaristes devraient franchir la ligne d’arrivée dans la journée de samedi à Concarneau.