En terme de distance au but (1 800 sur 3 800 milles) ou de jours de navigation (10 jours), la Transat AG2R LA MONDIALE est dans un parfait entre-deux sportif et temporel. Mais pour autant, ce n’est pas l’heure de la mi-temps pour les 16 duos encore engagés : l’intensité stratégique est à son plus haut-niveau entre les routes ouest et sud radicalement différentes. Alternant entre la 1ere et la 3e place depuis le départ de Concarneau, AGIR RECOUVREMENT est avec BRETAGNE CMB PERFORMANCE le figaro le plus régulier aux avant-postes depuis 10 jours. Ces deux bateaux occupent alternativement les deux premières places depuis 4 jours et le passage des Canaries. Demain on assistera à un rapprochement des routes : il est probable que cette place forte en tête de course ne sera pas menacée par le gros de la flotte, qui distancé un peu avant les Canaries, a choisi une route plus sud, plus longue mais plus ventée. Dans un vent changeant de 12 à 20 nœuds, Adrien Hardy et Thomas Ruyant s’appliquent vague après vague à faire avancer au plus vite leur bateau et continuent à jouer une partition presque parfaite depuis le début de la course.

 

Adrien Hardy, joint par téléphone en ce début d’après-midi : « Si nous continuons comme ça, on aura un matelas de 50 milles d’avance demain sur les partisans du Sud quand nos routes seront similaires. Ce n’est pas grand-chose après la moitié de la course mais c’est, tout de même, très bien. Depuis hier, nous sommes quasi certains que nous serons devants. Nous sommes très satisfaits de notre position. Sébastien et Morgan vont vites mais nous nous accrochons et cette nuit j’ai aperçu leurs feux. Actuellement, nous tricotons en enchainant les empannages au fil des bascules du vent. Avant une arrivée estimée aux alentours du 10 mai à Saint-Barth, il va se passer encore beaucoup de choses avec notamment des grains en approche. Il va falloir être opportuniste et pragmatique. Nous ne passons plus beaucoup de temps à étudier les fichiers météos. Nous levons surtout les yeux et naviguons en regardant le ciel et quelques fichiers satellites qui nous permettent d’avoir une bonne vision. Demain, nous n’allons pas croiser réellement la flotte des sudistes. On aura empanné avant selon notre route estimée optimale. Avec Thomas, nous sommes en mode « guerrier ». Nous parlons très peu. Nous passons l’essentiel de notre temps à la barre ou au repos. La victoire passera par notre capacité à se faire mal sur le pont, à lutter contre la fatigue, la victoire passera par ces difficultés. »