Leader depuis 5 jours de la TRANSAT AG2R LA MONDIALE, AGIR RECOUVREMENT  a jusqu’ici résisté aux différentes attaques stratégiques des sudistes de Guyot Environnement et Breitz Cola et des centristes de BRETAGNE CMB PERFORMANCE qui espéraient bénéficier ces derniers jours de plus de vent. Si leur avance s’est réduite entre 2 et 5 milles, c’est essentiellement parce le duo Hardy-Ruyant a « investi » une route nord-ouest pour se positionner au mieux et tirer profit de la rotation du vent : avec un meilleur angle pour les 3 dernières journées de course, l’avantage sur les concurrents plus sud permettrait un meilleur atterrissage sur les Antilles. Sauf que pour l’instant cette rotation se fait attendre… et la direction instable de cette brise de 20 à 25 nœuds complique la tâche des marins. Au lieu d’un empannage net et d’une route bâbord jusqu’à Saint Barth, les 800 derniers milles s’annoncent plus chaloupés et le stress à bord des premiers figaros est à son niveau maximal. Si l’on ajoute à cette équation la présence de grains soudains provoquant accélérations et ralentissements, les sargasses qui encombrent la route et les appendices, et l’usure des corps et des esprits, les 3 derniers jours de course s’annoncent particulièrement éprouvant pour les marins mais extrêmement captivant sur le plan sportif…

 

A la vacation de 5h ce lundi, Thomas Ruyant, co-skipper d’AGIR RECOUVREMENT revenait sur les dernières journées de course et les enjeux de trajectoire pour arriver sur les îles de l’arc antillais : « Nous avons empanné. Il y a pas mal de rotation de la brise, surtout la nuit avec des grains de plus en plus actifs en se rapprochant de l’arrivée : on va essayer de profiter des moments de bascules pour tenter de croiser devant. Ça ne va pas être simple et l’arrivée risque d’être serrée. Pour l’instant, nous continuons à naviguer avec notre vent sans trop nous préoccuper de la flotte pour caler les empannages au meilleur moment. A mon avis, on se recroisera quand on verra les Antilles… Il y aura certainement plusieurs empannages. Ça ne sera pas une trace toute simple. On va devoir tricoter encore pour descendre un peu plus Sud. Dès qu’on peut descendre, on descend mais il faut juste que ce soit bien réfléchit et au bon moment. Nous sommes assez détachés de ce que fait le reste de la flotte, mais évidemment il va falloir rentrer dans la tactique avec l’arrivée qui se rapproche : nous sommes concentrés sur le vent que nous avons, car c’est très changeant entre le Nord et le Sud ! Nous sommes dans la gestion de la route la plus rapide vers l’arrivée. De toute façon, on va se recroiser et c’est à ce moment-là qu’on commencera à tactiquer et à naviguer en fonction de la flotte. Il y a forcément un peu de tension à bord, car nous sommes concentrés. Nous avons envie de continuer à bien naviguer. C’est une régate palpitante, jusqu’au bout. »

 

La journée de navigation d’aujourd’hui risque d’être importante, car si AGIR RECOUVREMENT réussit à incurver sa trajectoire vers Saint Barth comme il le fait depuis quelques heures, alors le duo Hardy-Ruyant pourra empanner sur la route directe et réussir une belle courbe d’atterrissage sur les Antilles, là où ses concurrents seraient contraints de multiplier les empannages pour cause de direction de vent moins favorable et à perdre du terrain…