À 370 milles de l’arrivée, le scénario est idéal pour le leader AGIR RECOUVREMENT : les Figaros se rangent progressivement en file indienne les uns derrière les autres et tous dans le tableau arrière du duo Hardy-Ruyant ! En tête de ces chenilles processionnaires, AGIR RECOUVREMENT s’est même déplacé à la vitesse d’un papillon ces 24 dernières heures car il a porté son avance de quelques milles hier à 11 milles ce mercredi matin sur le plus proche poursuivant BRETAGNE CMB PERFORMANCE. Ce gain important s’explique par le fait que depuis hier midi le duo a enfin touché le bénéfice de sa stratégie au nord : en route quasi directe depuis hier vers Saint Barth, ils ont engrangés les milles alors que les concurrents du sud ont du empanner à de nombreuses reprises et descendre en escalier jusqu’à l’arc antillais. Avec un parfait sens de la stratégie, Hardy-Ruyant, alors en 2e position, avait choisi il y a 7 jours une route plus nord que le reste de la flotte en bordure de l’anticyclone qui s’est avérée la plus rapide. Cette nuit, ils ont consolidé leur avance et contrôle parfaitement leur adversaire directe, CMB. À 36h de l’arrivée, et au vu des alizées bien établis, la victoire de  devrait pas échapper à Hardy-Ruyant mais il faut pourtant rester prudent car entre les sargasses qui freinent les figaros, les grains qui génèrent de fortes instabilités de vent et les dévents des îles, des incertitudes demeurent …

 

Contacté avec la vacation de 5h ce matin, le skipper d’AGIR RECOUVREMENT Adrien Hardy savourait sa position de leader : « La dernière fois que nous avions croisé Bretagne CMB Performance, c’était à La Palma il y a une dizaine de jours et ils avaient 4 milles d’avance sur nous. On est content d’être devant, cette fois-ci avec une dizaine de milles d’avance. C’est très bien de croiser avec dix milles d’avance, ça met dans une très bonne position ! La bascule de vent n’est pas très franche. Il falloir bien gérer les prochaines nuits, surtout les grains. Le contournement de l’ile n’est pas très compliqué, surtout lorsqu’on a de l’avance sur nos poursuivants. Il y a deux ans, on avait légèrement de l’avance et les alizés s’étaient un peu cassé la figure la nuit avant l’arrivée, ce n’était pas du tout prévu à la météo. Cela montre bien que tout peut se passer. Il faudra être vigilant avec les grains et les zones de pétole ».

 

En 2e position, Morgan Lagravière à bord de CMB Bretagne Performance ne cachait pas son dépit et considérait la hiérarchie finale comme d’ores et déjà établie : « Par rapport à la stratégie de fin de course, les dés sont jetés. Honnêtement, à part essayer de faire marcher le bateau jusqu’au bout, il n’y a plus grand-chose à faire. Les espoirs de gagner sont de plus en plus réduits, la position d’Agir par rapport à la nôtre est meilleure, comme l’est la nôtre par rapport à nos concurrents plus au Sud. Il reste environ 48 heures de course, on n’est plus vraiment dans l’optique de chasser qui que ce soit mais plutôt de réaliser proprement le plan qu’on s’est préparé pour essayer de faire en sorte de rendre une copie propre à la fin. »