TRANSAT AG2R LA MONDIALE : victoire éclatante d’AGIR RECOUVREMENT !

TRANSAT AG2R LA MONDIALE : victoire éclatante d’AGIR RECOUVREMENT !

Le nantais Adrien Hardy et le nordiste Thomas Ruyant remportent la 14ème édition de la Transat AG2R La Mondiale en 18 jours 11 heures, 48 minutes, 22 secondes et plus de 3 890 milles parcourus entre Concarneau et Saint-Barthélemy. Avec cette victoire, ils s’offrent même le record de l’épreuve qui datait de 2006 ! Grâce à une trajectoire optimale et un sens du risque mesuré, le duo Hardy-Ruyant a construit patiemment sa victoire. Dans le trio de tête dès le départ de Concarneau, puis longtemps 2e dans le sillage de BRETAGNE CMB PERFORMANCE, AGIR RECOUVREMENT s’est emparé des commandes de la flotte le 10e jour de course, position qu’il conservera jusqu’à l’arrivée. C’est grâce à une lecture fine du régime météo que le duo Hardy-Ruyant choisi une route plus directe en bordure d’anticyclone, qui s’avérera la plus judicieuse en termes de compromis distance à parcourir/vitesse du bateau.

Avec cette brillante victoire, Adrien Hardy remporte sa 2ème transatlantique (après la Solidaire du Chocolat en 2013 en Class 40 avec Tanguy De Lamotte) et conforte, après sa 2e place à la Solitaire du Figaro 2017, ses Mini Transat, ses 4 victoires d’étape sur la Solitaire et sa victoire lors de la Generali Solo son statut de marin français incontournable et authentique.

Thomas Ruyant, vainqueur de la Transat Mini 6.50 en 2009, de la Route du Rhum en Class 40 en 2010 inscrit une nouvelle grande course à son palmarès et entre dans l’histoire de la course au large avec ce triplé inédit !

Ce succès consacre un duo de navigateurs qui font partie des plus talentueux de leur génération, binôme qui a déjà éprouvé son endurance et son brio en terminant 4e de la Transat Jacques Vabre en 60 pieds en 2015. C’est aussi une certaine manière de naviguer qui est ici consacrée : un sens marin fondé sur l’observation attentive des nuages et du ciel, sur l’importance de l’intuition dans la course au large plutôt que la toute-puissance des routages et des algorithmes ; une liberté de naviguer qui se traduit par une souplesse dans le choix des trajectoires, le jeu avec les paramètres météos et les variations de brise plutôt que le contrôle des adversaires et la navigation groupée. C’est donc un certain panache marin, discret à terre, mais opérant et efficace en mer qui est ici primé. C’est enfin l’engagement dans la durée qui est récompensé avec le soutien infaillible depuis 11 ans de la société choletaise AGIR RECOUVREMENT.

Le nantais Adrien Hardy va désormais tenter d’être au départ de la prochaine Route du Rhum dans la catégorie des Class 40 et rêve de Vendée Globe, tout comme le nordiste Thomas Ruyant, qui après avoir goûté avec passion au dernier Tour du Monde en Solitaire, met actuellement tout de son côté pour être sur la ligne de départ en 2020.

 

La déclaration d’arrivée d’Adrien Hardy :

« Cette victoire est très satisfaisante ! C’est un succès qui s’est bâti sur une somme de petits riens qui font beaucoup à l’arrivée ! Vague après vague, heure après heure, il a fallu être engagé sur tous les fronts pour terminer en tête. C’est un sport difficile, un peu extrême, car il faut maitrise une quantité incroyable de paramètres.

 

Cette victoire c’est la réussite d’un binôme. On a bien fonctionné, on s’est apporté mutuellement. On a eu les bons réglages entre nous, il faut un régime optimisé, car si on a 2 moteurs qui ne tournent pas rond au même rythme ça ne marche pas. Les nuits étaient assez dures, on se donnait les infos principales et l’un allait se coucher, l’autre barrait. On faisait deux points stratégiques ensemble, un le matin et l’autre soir. On était vite d’accord sur les choix stratégiques : il n’y avait pas de tergiversation. Une des forces de notre duo c’est la prise de décision : il y a une discussion entre nous, chacun présente son interprétation de la situation, l’autre contre argumente pour mettre à l’épreuve la proposition et on prend une décision généralement rapidement. Il n’y a pas de négociation à bord qui débouche sur un compromis : la discussion est capitale, mais il faut choisir efficacement et être en mode attaque. On était d’accord sur l’option à prendre au nord après les Canaries. »

 

« C’est pour moi la fin d’un cycle, car c’est ma dernière course en Figaro Bénéteau 2, c’est une très belle récompense de terminer sur une victoire avec mon bon vieux « Appache » ! C’est aussi une récompense collective pour mon partenaire qui s’est engagé dans la durée depuis 11 ans, la fidélité de tous pendant ces années. C’est une victoire précieuse pour un sportif et un sponsor, je suis fier de leur offrir cette victoire ! Ils m’ont bien aidé à arriver là, aider à me battre sur l’eau, c’est une responsabilité importante de confier la conduite d’un bateau, de traverser l’atlantique  à leur couleur, ça a bien marché et ça marche bien depuis 11 ans ! »

 

« Cela fait 11 ans que je fais principalement du Figaro, j’ai des envies  de changements, de naviguer sur des bateaux plus gros : j’aimerais être sur le départ de la prochaine Route du rhum en Class 40, il faudrait que cela se concrétise dans les semaines à venir. Et puis, un projet Vendée Globe m’attire beaucoup… »

 

La déclaration d’arrivée de Thomas Ruyant :

« Après deux transats gagnées en 2009 et 2010, je suis très content de renouveler cela avec mon pote Adrien ! Ce qu’on vit est super fort : on gagne la transat de référence du circuit Figaro, et le Figaro est le circuit le plus relevé de la course au large… C’est une immense satisfaction d’arriver ici aux Antilles en tête. Ce sont des moments rares dans la vie d’un sportif !

 

On a une façon de naviguer avec Adrien qui est assez proche. Nous ne naviguons pas à l’écart de la flotte, c’est plutôt la flotte qui cherche à naviguer groupée… On s’était dit avec Adrien qu’on voulait faire notre route et ça a fonctionné !

On navigue en fonction de la météo pas de la flotte : on voulait faire de la stratégie sur cette Transat, à la fin on a fait de la tactique sur les 10 dernières heures de course pour contrôler CMB. C’est un peu différent sur la Solitaire du Figaro, mais sur une transat, c’est la trajectoire qui compte. »

 

Une copie audacieuse et parfaite

 

Dans un sport aussi complexe que la voile, on a l’habitude de dire que le vainqueur est celui qui a fait le moins d’erreurs. À n’en pas douter, la copie sportive et maritime d’Adrien Hardy et Thomas Ruyant est quasi parfaite sur les 19 jours de course depuis le départ de Concarneau. Rembobinons le film des étapes-clés de cette victoire :

Acte 1 : dès les premiers jours de course, le duo opte pour la route optimale dans le golfe de Gascogne et se retrouve dans le top 3 qui ne quittera plus.

Acte 2 : le long du Portugal, il réalise un décalage dans le gros temps qui lui permet d’être très rapide et de revenir sur le leader BRETAGNE CMB PERFORMANCE qui avait touché le vent en premier et créé déjà des écarts importants.

Acte 3 : il passe les Canaries en tir groupé avec 4 milles de retard sur CMB et Groupe Royer.

Acte 4 : dans la première partie de la descente atlantique, AGIR RECOUVREMENT navigue régate au contact à quelques milles d’écart avec CMB et Groupe Royer et réussi à coup de batailles d’empannage et de trajectoires léchées à distancer Grouper Royer.

Acte 5 : au milieu de l’Atlantique, il choisit une route plus nord en bordure d’anticyclone qui va s’avérer la plus rapide alors que CMB opte pour une trajectoire plus conservatrice vers le sud et le reste de la flotte. Ce 2 mai, il prend alors la tête de la course qu’il ne lâchera plus jusqu’ à l’arrivée.

Acte 6 : AGIR RECOUVREMENT effectue une grande partie de la traversée de l’Atlantique en jouant seul sa propre partition, réussi à garder une bonne vitesse et à parcourir moins de route que ses concurrents plus au sud.

Acte 7 : dans la nuit du 8 au 9 mai, il recroise devant CMB avec 10 milles d’avance et peut contrôler le reste de la flotte qui s’installe en entonnoir dans son sillage.

Acte 8 : AGIR RECOUVREMENT contrôle pendant 36h son plus proche concurrent et franchi la ligne avec une confortable avance.

 

La joie d’AGIR RECOUVREMENT

 

L’entreprise choletaise AGIR RECOUVREMENT, dont les 115 salariés se passionnent depuis onze ans pour la course au large et le circuit Figaro, se réjouit de cette victoire par la voix de Virginie Paye, la gérante de la société :

« Une transat exceptionnelle avec des grands hommes embarqués dans cette aventure, une place dans les premiers depuis le début de la course pour Adrien et Thomas et une échappée belle à la première place à partir du 10eme jour…

Une réactivité, un engagement, un savoir-faire qui respecte 3 des valeurs d’Agir Recouvrement et Pré-Venance pour finir sur la 4ème le plaisir : de se faire plaisir et de nous faire plaisir.

Malgré la disparition du fondateur Stéphane PAYE, Adrien et Thomas ont perpétué ces valeurs et nous ont offert le plus beau des voyages…

Bien plus qu’une victoire, une consécration…Adrien et Agir Recouvrement sur la première marche du podium, c’est le plus bel hommage pour Stéphane Paye. Et cela ne s’arrêtera pas là puisque nous espérons bien voguer prochainement sur la Route du Rhum ! »

 

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3 questions à Christophe Duperray, directeur d’AGIR RECOUVREMENT

  1. Vous êtes le partenaire le plus ancien sur le circuit Figaro avec 11 années d’ancienneté et déjà de belles victoires (Generali Solo en 2013, Lorient Horta Solo en 2014, 3 victoires d’étapes de la Solitaire du Figaro et 2e de l’édition 2017). Que représente cette victoire pour AGIR : un aboutissement, une consécration ?

 

 « Pour nous, c’est d’abord une joie intense pour Adrien et Thomas. C’est la reconnaissance de leur talent et la récompense de leur travail. Pour AGIR RECOUVREMENT c’est une fois de plus un formidable hommage à son fondateur Stéphane Paye disparu il y a 7 mois …

Mais c’est aussi une étape pour Adrien et l’entreprise. Une victoire qui on l’espère en appellera d’autres sur d’autres terrains, et peut être lors de La Route du Rhum à l’automne prochain ! »

 

  1. Comment vivez-vous en tant que sponsor le suivi d’un sport si particulier, qui implique  de tels rebondissements, qui s’étire dans la durée, comporte une part importante d’incertitudes, du stress, une multitude de paramètres à prendre en compte ? Comment êtes-vous devenus passionnés et même accro à la course au large et spécialement au Figaro ? De quelle manière, l’entreprise AGIR vit en interne ces temps sportifs ?

 

« C’est d’abord une très grande admiration pour l’exploit sportif, l’endurance, la gestion de la pression et en particulier l’esprit d’équipe sur cette course. Comment rester insensible aux images envoyées, aux faibles écarts et à la force de caractère de ces athlètes…nous vivons chaque mois une course à la réussite de nos objectifs un peu de la même façon … mais là tout est exacerbé ! La prise de risque et une seule place de vainqueur…

En interne le rythme des mises à jour des classements conditionne nos échanges. En plus pouvoir faire une vacation radio en plein Atlantique est un moment exceptionnel de partage et de création de liens …et c’est bien cela l’esprit de notre entreprise : partager l’effort pour réussir l’objectif ! Et cela devient vite addictif ! »

 

  1. Que vous inspire le niveau d’engagement physique et mental assez exceptionnel d’Adrien sur des durées si importantes ? Une victoire de cet ordre mobilise des compétences multiples (forme physique bien évidemment, analyse de situations météos complexes, prise de risques, gestion des incertitudes, agir et se projeter sur plusieurs échelles de temps, alterner la vision stratégique et tactique, etc.), cela vous inspire-t dans votre activité ?

 

« À la différence de l’entreprise qui agrège différents talents, Adrien doit posséder toutes les qualités et ça c’est impressionnant ! Nous c’est la somme de nos compétences et talents qui fait notre réussite ! »

 

Adrien Hardy, génial !

 

13/07/1984, Nantes, habite à Lorient

 

À terre, le nantais Adrien Hardy sait (presque) tout faire : mécanique, électricité, électronique, soudure, charpente, bûcheronnage, apiculture ; il manie tous les outils et tous les supports, avec une préférence pour le travail des matériaux composites et du bois. En quinze ans de course au large, il a toujours pensé avec ses mains et cultivé avec discrétion sa remarquable polyvalence.

En mer, à 33 ans, Adrien possède l’un des CV les plus complets et variés des marins de sa génération : il a roulé sa bosse sur presque toutes les coques et affiche un solide palmarès sur de nombreux supports. Il a commencé à 7 ans l’Optimist sur l’Erdre à Nantes (il habite et grandi à Basse-Indre un village sur la Loire, à 12 km de Nantes) où il participe au Championnat du monde, puis devient Champion d’Europe et de France en 420. Après le bac, il mène de front ses cinq années de formation en marine marchande et sa découverte de la prestigieuse série Mini 6.50 où il remporte de beaux succès. De ses études, il gardera de nombreuses compétences et un savoir-faire maritime spécifique. De l’expérience en mer, une aventure extraordinaire de traversée de l’Atlantique sur des bateaux de 6.50 et un esprit voile hors du commun qui mêle solidarité et modestie. Son passage dans cette série sera marqué par un événement en 2007 qui lui donnera une réputation de marin redoutable et redouté : alors qu’il franchit le Pot-au-noir et joue la première place, il démâte sans que l’espar se brise. Contre toute probabilité, à force d’habileté, il réussit à le redresser grâce à un système de chèvre et à le remettre en place : au beau milieu de l’Atlantique, le voilà de nouveau dans la course et Adrien termine à la sixième place !

 

L’année suivante, il se lance dans l’aventure Figaro Bénéteau où il se classe 1er bizuth du Championnat de France de course au large. Depuis, il a remporté quatre victoires d’étapes sur la prestigieuse Solitaire du Figaro ainsi que la Generali Solo, la Lorient Horta Solo et un titre de vice-champion de France de course au large. Ces résultats successifs font de lui un marin incontournable du circuit Figaro. Lors de sa 9e participation en juin 2017, il marque les esprits en frôlant le sans-faute : il termine sur la 2e marche du podium d’une édition très relevée ! Sa réputation de stratège ainsi que sa bonne lecture des systèmes météo, des courants marins et du plan d’eau lui ont permis de prendre des options audacieuses et concluantes. Fait notable et très rare : depuis 2005 et ses débuts en course au large, le marin nantais n’a jamais abandonné une course. Cette fiabilité il la doit notamment à une grande polyvalence qui lui permet de faire face à de nombreuses situations et imprévus.

 

Depuis 2013, il s’est lancé dans le sauvetage en mer des bateaux de course abandonné après une avarie (Mini 6.50, Class 40, 60 pieds). Dans cette catégorie, le fait d’arme le plus médiatique pour ce marin qui adore relever les défis est, lorsqu’il fut mandaté par l’assureur de SMA, le sauvetage récent et risqué du 60 pieds SMA au large de l’Irlande, après 3 semaines de dérive ! Les opérations de sauvetage sont une façon pour Adrien de mêler intiment sa double formation de coureur au large et d’officier de marine marchande. Depuis de nombreuses années, il s’entraîne avec un groupe de figaristes à Lorient sous la houlette de Tanguy Leglatin, entraineur de Mini 6.50 et Figaro.

 

Au cours de ses 14 années d’expériences en course au large sur quatre supports différents (Mini 6.50, Figaro, Class 40, IMOCA), Adrien a fait provision de multiples savoir-faire et de maîtrise technique. Il espère prochainement mettre à profit cette polyvalence et cette expérience dans la conduite d’un projet Vendée Globe !

 

Thomas Ruyant, un nordiste au sommet !

 

24/05/1981, Malo-les-Bains, habite Larmor Plage

 

Thomas Ruyant, 36 ans, est originaire de Malo-les-Bains dans les Hauts-de-France. Enfant, il pratique la voile en famille mais il est surtout passionné par la course à pied et le hockey sur glace. C’est au début des années 2000 qu’il vient peu à peu à la voile de compétition à bord du dériveur en solitaire, le Laser, puis en First Class 8 et enfin en Mumm 30 où il découvre le large notamment avec les équipages du Défi Jean Bart puis Courrier Dunkerque. En 2005, Thomas décide, après des études de Staps, de se lancer dans le grand bain en récupérant un Mini 6.50 sur un parking dunkerquois. Dès 2007, il participe à la Mini Transat, première grande expérience en solo qui va le convaincre de continuer. Il remporte deux années après la Transat 6.50, entre La Rochelle et Salvador de Bahia au Brésil, en prototype et sous les couleurs de Faber France et la Communauté urbaine de Dunkerque. Un an après, en 2010, le dunkerquois gagne la Route du Rhum dans la catégorie des Class40 au terme d’une traversée de l’Atlantique d’anthologie et suite à une saison sportive où il réalise le grand chelem s’imposant sur l’ensemble des compétitions du circuit.  Désireux de parfaire son apprentissage de la course au large en solitaire, le nordiste enchaîne avec trois saisons en Figaro Bénéteau 2. En 2015, il est appelé par l’association Le Souffle du Nord pour concourir le Vendée Globe 2016 – 2017. Dès sa première épreuve en monocoque  de 60 pieds, Thomas performe en terminant, avec son ami Adrien Hardy, à une belle quatrième place sur la Transat Jacques Vabre. Il prend le départ de son premier Tour du Monde avec l’ambition d’être compétitif et de porter le message de l’ONG Projet Imagine qui met en avant des héros de tous les jours. Son parcours sur le Vendée Globe est remarquable, Thomas joue avec les ténors de la discipline mais hélas son élan est coupé au large de la Nouvelle Zélande. L’Imoca bleu et jaune se disloque littéralement et c’est en héros que le dunkerquois réussit à toucher terre. Depuis cet abandon, Thomas Ruyant rêve de boucler sa boucle et de prendre le départ du Vendée Globe 2020 dans des conditions de performance élevée.

 

À 36h de l’arrivée, AGIR RECOUVREMENT en route vers la victoire !

À 36h de l’arrivée, AGIR RECOUVREMENT en route vers la victoire !

À 370 milles de l’arrivée, le scénario est idéal pour le leader AGIR RECOUVREMENT : les Figaros se rangent progressivement en file indienne les uns derrière les autres et tous dans le tableau arrière du duo Hardy-Ruyant ! En tête de ces chenilles processionnaires, AGIR RECOUVREMENT s’est même déplacé à la vitesse d’un papillon ces 24 dernières heures car il a porté son avance de quelques milles hier à 11 milles ce mercredi matin sur le plus proche poursuivant BRETAGNE CMB PERFORMANCE. Ce gain important s’explique par le fait que depuis hier midi le duo a enfin touché le bénéfice de sa stratégie au nord : en route quasi directe depuis hier vers Saint Barth, ils ont engrangés les milles alors que les concurrents du sud ont du empanner à de nombreuses reprises et descendre en escalier jusqu’à l’arc antillais. Avec un parfait sens de la stratégie, Hardy-Ruyant, alors en 2e position, avait choisi il y a 7 jours une route plus nord que le reste de la flotte en bordure de l’anticyclone qui s’est avérée la plus rapide. Cette nuit, ils ont consolidé leur avance et contrôle parfaitement leur adversaire directe, CMB. À 36h de l’arrivée, et au vu des alizées bien établis, la victoire de  devrait pas échapper à Hardy-Ruyant mais il faut pourtant rester prudent car entre les sargasses qui freinent les figaros, les grains qui génèrent de fortes instabilités de vent et les dévents des îles, des incertitudes demeurent …

 

Contacté avec la vacation de 5h ce matin, le skipper d’AGIR RECOUVREMENT Adrien Hardy savourait sa position de leader : « La dernière fois que nous avions croisé Bretagne CMB Performance, c’était à La Palma il y a une dizaine de jours et ils avaient 4 milles d’avance sur nous. On est content d’être devant, cette fois-ci avec une dizaine de milles d’avance. C’est très bien de croiser avec dix milles d’avance, ça met dans une très bonne position ! La bascule de vent n’est pas très franche. Il falloir bien gérer les prochaines nuits, surtout les grains. Le contournement de l’ile n’est pas très compliqué, surtout lorsqu’on a de l’avance sur nos poursuivants. Il y a deux ans, on avait légèrement de l’avance et les alizés s’étaient un peu cassé la figure la nuit avant l’arrivée, ce n’était pas du tout prévu à la météo. Cela montre bien que tout peut se passer. Il faudra être vigilant avec les grains et les zones de pétole ».

 

En 2e position, Morgan Lagravière à bord de CMB Bretagne Performance ne cachait pas son dépit et considérait la hiérarchie finale comme d’ores et déjà établie : « Par rapport à la stratégie de fin de course, les dés sont jetés. Honnêtement, à part essayer de faire marcher le bateau jusqu’au bout, il n’y a plus grand-chose à faire. Les espoirs de gagner sont de plus en plus réduits, la position d’Agir par rapport à la nôtre est meilleure, comme l’est la nôtre par rapport à nos concurrents plus au Sud. Il reste environ 48 heures de course, on n’est plus vraiment dans l’optique de chasser qui que ce soit mais plutôt de réaliser proprement le plan qu’on s’est préparé pour essayer de faire en sorte de rendre une copie propre à la fin. »

 

AGIR RECOUVREMENT toujours en tête à 3 jours de l’arrivée !

AGIR RECOUVREMENT toujours en tête à 3 jours de l’arrivée !

Leader depuis 5 jours de la TRANSAT AG2R LA MONDIALE, AGIR RECOUVREMENT  a jusqu’ici résisté aux différentes attaques stratégiques des sudistes de Guyot Environnement et Breitz Cola et des centristes de BRETAGNE CMB PERFORMANCE qui espéraient bénéficier ces derniers jours de plus de vent. Si leur avance s’est réduite entre 2 et 5 milles, c’est essentiellement parce le duo Hardy-Ruyant a « investi » une route nord-ouest pour se positionner au mieux et tirer profit de la rotation du vent : avec un meilleur angle pour les 3 dernières journées de course, l’avantage sur les concurrents plus sud permettrait un meilleur atterrissage sur les Antilles. Sauf que pour l’instant cette rotation se fait attendre… et la direction instable de cette brise de 20 à 25 nœuds complique la tâche des marins. Au lieu d’un empannage net et d’une route bâbord jusqu’à Saint Barth, les 800 derniers milles s’annoncent plus chaloupés et le stress à bord des premiers figaros est à son niveau maximal. Si l’on ajoute à cette équation la présence de grains soudains provoquant accélérations et ralentissements, les sargasses qui encombrent la route et les appendices, et l’usure des corps et des esprits, les 3 derniers jours de course s’annoncent particulièrement éprouvant pour les marins mais extrêmement captivant sur le plan sportif…

 

A la vacation de 5h ce lundi, Thomas Ruyant, co-skipper d’AGIR RECOUVREMENT revenait sur les dernières journées de course et les enjeux de trajectoire pour arriver sur les îles de l’arc antillais : « Nous avons empanné. Il y a pas mal de rotation de la brise, surtout la nuit avec des grains de plus en plus actifs en se rapprochant de l’arrivée : on va essayer de profiter des moments de bascules pour tenter de croiser devant. Ça ne va pas être simple et l’arrivée risque d’être serrée. Pour l’instant, nous continuons à naviguer avec notre vent sans trop nous préoccuper de la flotte pour caler les empannages au meilleur moment. A mon avis, on se recroisera quand on verra les Antilles… Il y aura certainement plusieurs empannages. Ça ne sera pas une trace toute simple. On va devoir tricoter encore pour descendre un peu plus Sud. Dès qu’on peut descendre, on descend mais il faut juste que ce soit bien réfléchit et au bon moment. Nous sommes assez détachés de ce que fait le reste de la flotte, mais évidemment il va falloir rentrer dans la tactique avec l’arrivée qui se rapproche : nous sommes concentrés sur le vent que nous avons, car c’est très changeant entre le Nord et le Sud ! Nous sommes dans la gestion de la route la plus rapide vers l’arrivée. De toute façon, on va se recroiser et c’est à ce moment-là qu’on commencera à tactiquer et à naviguer en fonction de la flotte. Il y a forcément un peu de tension à bord, car nous sommes concentrés. Nous avons envie de continuer à bien naviguer. C’est une régate palpitante, jusqu’au bout. »

 

La journée de navigation d’aujourd’hui risque d’être importante, car si AGIR RECOUVREMENT réussit à incurver sa trajectoire vers Saint Barth comme il le fait depuis quelques heures, alors le duo Hardy-Ruyant pourra empanner sur la route directe et réussir une belle courbe d’atterrissage sur les Antilles, là où ses concurrents seraient contraints de multiplier les empannages pour cause de direction de vent moins favorable et à perdre du terrain…

 

AGIR RECOUVREMENT consolide sa place de leader

AGIR RECOUVREMENT consolide sa place de leader

C’est une option stratégique qui pourrait bien avoir des airs de victoire : Adrien Hardy et Thomas Ruyant occupent la première place depuis maintenant 48h et possèdent ce matin 22 milles d’avance sur le 2e BRETAGNE CMB PERFORMANCE. Les deux duos avaient jusqu’ici navigué sur une route proche au nord de la flotte et CMB avaient alors un avantage de 5 milles sur AGIR. Si CMB a choisi une route plus « conservatrice » plongeant vers les « sudistes » pour les contrôler, Hardy et Ruyant ont au contraire préféré jouer pleinement avec les oscillations de vent, les masses nuageuses pour accélérer et gagner vers l’Ouest et la route directe. La journée d’hier a été menée de main de maître par le duo : à suivre leur trace, on voit qu’ils ont attentivement observé le ciel pour suivre les bons nuages, qu’ils ont beaucoup joué avec les vents changeants et enchaîné les empannages pour exploiter au mieux les bascules de vent : en mode « régate côtière » au milieu de l’océan ! Contrairement aux « sudistes » qui jouent l’extérieur du virage (plus de route mais plus de vent), les deux marins ont opté pour l’intérieur du virage (moins de route mais un peu moins de vent) qui s’est pour l’instant révélé très judicieux, car depuis 48h AGIR n’a pas été ralenti et même a été plus rapide que son plus proche concurrent, CMB. À la vacation de ce matin, Adrien savoure sa position mais insiste sur les aléas qui entourent les 6 dernières journées de navigation : la présence massive d’algues, surveiller les sudistes, veiller aux grains, choisir le meilleur atterrissage à Saint Barth…

 

Confiant mais prudent Adrien Hardy expliquait à la vacation de 5h ce vendredi 4 mai : « Nous sommes les plus au Nord et ça marche bien : on fait route directe vers St-Barth. On a eu pas mal de vent hier car les alizés sont désormais bien installés. Nous sommes contents de voir qu’ils semblent équilibrés. Les gars du Sud vont un tout peu plus vite, mais c’est assez proche donc c’est une bonne chose pour nous. On fait du plein Ouest, il y a 20 nœuds de vent. C’est confortable. On prévoit une arrivée le 10 au soir à St-Barth… Les pièges ? C’est toujours de savoir quelle sera la direction du vent les deux derniers jours et même la dernière journée. Savoir si tu arrives en tribord ou en bâbord. Il faut être bien positionné pour le dernier bord, c’est souvent cela qui peut faire la différence. Il faut essayer d’anticiper et être bien placé pour la dernière bascule. Après, plus nous allons avancer, plus nous allons avoir des grains importants. Ce sont les aléas. Il y a aussi les sargasses même si c’est une inconnue pour nous. Quand on regarde à l’échelle de l’Atlantique, on est encore assez loin de l’arrivée donc on garde un œil attentif sur le comportement des Sudistes. Les écarts peuvent rapidement se combler. »

 

Tanguy Leglatin, entraîneur sportif sur l’eau d’Adrien et Thomas, décrypte les prochains jours de course : « Il faut être prudent car il y a toujours un écart entre les fichiers météos et la réalité, mais globalement il y aura plus de pression au sud, mais à trois jours de l’arrivée l’angle sera moins favorable pour les sudistes. Il y aura alors moins de vent et être en bâbord sera plus avantageux, c’est à dire la position d’AGIR au nord. Cela va être passionnant à suivre et l’arrivée sera serrée, cela va se jouer sur la capacité à bien exploiter les bascules de vent, les oscillations, les sargasses, les nuages, la fatigue… »

 

 

 

 

 

 

En 2e position HARDY-RUYANT ont fait le break sur le reste de la flotte

En 2e position HARDY-RUYANT ont fait le break sur le reste de la flotte

En terme de distance au but (1 800 sur 3 800 milles) ou de jours de navigation (10 jours), la Transat AG2R LA MONDIALE est dans un parfait entre-deux sportif et temporel. Mais pour autant, ce n’est pas l’heure de la mi-temps pour les 16 duos encore engagés : l’intensité stratégique est à son plus haut-niveau entre les routes ouest et sud radicalement différentes. Alternant entre la 1ere et la 3e place depuis le départ de Concarneau, AGIR RECOUVREMENT est avec BRETAGNE CMB PERFORMANCE le figaro le plus régulier aux avant-postes depuis 10 jours. Ces deux bateaux occupent alternativement les deux premières places depuis 4 jours et le passage des Canaries. Demain on assistera à un rapprochement des routes : il est probable que cette place forte en tête de course ne sera pas menacée par le gros de la flotte, qui distancé un peu avant les Canaries, a choisi une route plus sud, plus longue mais plus ventée. Dans un vent changeant de 12 à 20 nœuds, Adrien Hardy et Thomas Ruyant s’appliquent vague après vague à faire avancer au plus vite leur bateau et continuent à jouer une partition presque parfaite depuis le début de la course.

 

Adrien Hardy, joint par téléphone en ce début d’après-midi : « Si nous continuons comme ça, on aura un matelas de 50 milles d’avance demain sur les partisans du Sud quand nos routes seront similaires. Ce n’est pas grand-chose après la moitié de la course mais c’est, tout de même, très bien. Depuis hier, nous sommes quasi certains que nous serons devants. Nous sommes très satisfaits de notre position. Sébastien et Morgan vont vites mais nous nous accrochons et cette nuit j’ai aperçu leurs feux. Actuellement, nous tricotons en enchainant les empannages au fil des bascules du vent. Avant une arrivée estimée aux alentours du 10 mai à Saint-Barth, il va se passer encore beaucoup de choses avec notamment des grains en approche. Il va falloir être opportuniste et pragmatique. Nous ne passons plus beaucoup de temps à étudier les fichiers météos. Nous levons surtout les yeux et naviguons en regardant le ciel et quelques fichiers satellites qui nous permettent d’avoir une bonne vision. Demain, nous n’allons pas croiser réellement la flotte des sudistes. On aura empanné avant selon notre route estimée optimale. Avec Thomas, nous sommes en mode « guerrier ». Nous parlons très peu. Nous passons l’essentiel de notre temps à la barre ou au repos. La victoire passera par notre capacité à se faire mal sur le pont, à lutter contre la fatigue, la victoire passera par ces difficultés. »

 

 

 

AGIR RECOUVREMENT LEADER !

AGIR RECOUVREMENT LEADER !

Au milieu de la nuit de mercredi à jeudi, Adrien Hardy et Thomas Ruyant se sont emparés de la tête de la flotte de la transat AG2R La Mondiale après 5 jours de course ! Depuis le contournement de la pointe espagnole lundi et l’établissement d’une première hiérarchie claire entre les bateaux, trois figaros s’étaient démarqués de la flotte : BRETAGNE CMB PERFORMANCE qui avaient alors 10 milles d’avance sur AGIR RECOUVREMENT et BREIZH COLA. Dans la nuit de mardi à mercredi, Adrien Hardy et Thomas Ruyant avaient choisi une route plus proche du Portugal pour bénéficier de plus de vent et cette option s’est révélée judicieuse : leur vitesse supérieure leur a permis de combler leur retard sur les leaders d’alors et de prendre la tête de la course la nuit dernière. Les conditions très musclées de 35 à 40  nœuds ont coûté 2 démâtages et plusieurs frayeurs à de nombreux bateaux. Joints à la vacation de 5h puis par téléphone, Adrien et Thomas reviennent sur ces deux journées intenses de navigation et cette belle opération au classement.

 

À 9h ce matin, Adrien savourait sa position sans triomphalisme : « On est content de notre navigation et de notre trajectoire, c’est toujours bien d’être en tête, même si c’est très serré ! Ce n’est pas facile, la flotte de derrière est revenue depuis 24h, ils avancent bien. Cette nuit alors que la nuit était assez noire, j’étais de quart et j’ai vu un feu vert de voilier croiser derrière : je me suis dit que c’était peut-être CMB et effectivement lors du classement on a vu qu’on était devant eux… »

 

À la vacation de 5h, le dunkerquois Thomas expliquait : « Nous avons la forme ! Nous essayons de faire avancer le bateau vite. Les conditions depuis trois jours obligent à être concentrés en permanence. Actuellement, il y a toujours du vent, entre 30-35 nœuds, mais on attend une diminution de la brise dans la matinée et un peu moins de vent pour la journée de demain. Quand ça souffle fort, on se relaie à la barre pour faire des quarts d’une heure, car ça commence à bien tirer sur les bonhommes. Nous avons eu quelques petits rappels à l’ordre. L’enjeu de ces trois jours était de rester lucides et suffisamment en forme pour continuer à barrer correctement et ne pas faire de fautes.  »

 

Le marin nantais complète : « Les 48 dernières heures étaient très exigeantes, l’objectif a été de garder le spi en continu tout en évitant la sortie de route. On a eu un moment délicat, mais qui n’a heureusement pas provoqué de casse ni vraiment de perte de terrain. Nous avons actuellement 30 nœuds, nous sommes revenu au grand spi et grand-voile haute ce matin. Entre les quarts d’1h et les manœuvres, on commence à être un peu fatigué, on a notamment mal au dos et au cou,  mais les conditions vont se calmer. Il va falloir faire des recadrages selon les opportunités pour bien anticiper l’arrivée sur l’île de Madère et notamment éviter les dévents des reliefs. »

 

Thomas insiste aussi sur les enjeux stratégiques à venir : « Nous attendons le bon moment pour rejoindre les Canaries, le point obligatoire à aller chercher. On regarde ça avec Adrien. C’est important pour la suite. Pour l’instant, nous sommes bien positionnés. On s’attend à avoir des alizés un peu plus cools que les conditions que nous avons eues le long du Portugal. »

 

Actuellement à 200 milles de Madère, les premiers bateaux devraient contourner l’île dans la matinée de vendredi. Les 24 prochaines heures seront importantes en termes de stratégie, car les marins devront placer certains empannages au moment opportun pour faire le moins de route possible, mais garder une vitesse élevée. Avec encore 3 000 milles à parcourir, la transat AG2R LA MONDIALE est une course de fond et chaque dixième de nœud gagné ou perdu peut coûter ou rapporter beaucoup à l’arrivée…

 

 

Dans le trio de tête, AGIR RECOUVREMENT réalise un excellent début de transat

Dans le trio de tête, AGIR RECOUVREMENT réalise un excellent début de transat

Concarneau le 19 juin 2017, La Solitaire Urgo Le Figaro 2017, départ de la 4eme etape Concarneau Dieppe.

Avant le départ, nombre de coureurs avaient annoncé l’importance de ces premiers jours de course et le danger représenté par une dorsale pouvant générer des écarts conséquents. Avant de partir, Adrien Hardy expliquait sur les pontons que « la traversée de la dorsale serait peut-être le seul moment crucial de la Transat puisqu’ensuite la trajectoire sera plutôt une longue ligne droite et une course de vitesse. » Après 48h de course, Adrien Hardy et Thomas Ruyant peuvent être satisfaits de leur choix de route car ils ont pris l’avantage sur une bonne partie de la flotte. En file indienne le long des côtes de la Galice, une hiérarchie claire s’est déjà établie : les 3 bateaux ayant choisi la route directe (CMB, AGIR RECOUVREMENT, BREIZH COLA) se sont bien démarqués du peloton et certains favoris ont déjà 10 milles de retard. Le vent de nord va se renforcer progressivement au fil de la journée pour atteindre 35 à 40 nœuds pendant 48 heures. Le trio de tête pourrait accentuer son avance en touchant en premier ce nouveau vent.

   

À l’heure actuelle, les premiers figaros longent les côtes espagnoles à une vitesse de 7 à 8 nœuds et enchaînent les empannages pour déborder le cap Ortegal (Espagne). Joint par téléphone, Adrien Hardy revient sur ce début de Transat : « Tout roule à bord. On est bien concentré et détendu. On est content de notre situation et de notre navigation ! On savait que l’objectif de ce premier tronçon de parcours était de sortir le plus rapidement de cette dorsale et de ne pas se faire distancer par un groupe de bateaux. On est dans le bon paquet, on était étonné de voir les autres faire plus de route en s’éloignant de la route directe. On a toujours eu du vent : un vent certes pas très stable, mais en moyenne 12 nœuds de vent sous spi, à la barre et aux réglages. Ce sont des conditions de navigation très agréables pour débuter une Transat ! »

 

On a pour l’instant un petit déficit de vitesse, et on a notamment perdu cette nuit, on voit CMB devant l’étrave mais l’écart s’est creusé un peu depuis hier. On va avoir 48h de vent fort puis cela va mollir an arrivant vers Madère et les Canaries. Les conditions vont être très musclées, j’aime bien le vent fort mais il faudra être prudent avec le matériel. La Transat devrait être assez rapide, moins longue qu’il y a deux ans où nous avions dû descendre jusqu’au Cap Vert pour trouver les alizés. »

 

Familier de la navigation par gros temps, Adrien s’est plusieurs fois distingué en remportant des étapes de la Solitaire du Figaro dans de telles conditions. Si le marin nantais n’hésitera pas à aller au charbon pour recoller au tableau arrière des leaders S. Simon et M. Lagravière, il sait qu’il est capital de préserver le matériel et les hommes pour une course de fond de quinze jours, de manier puissance et prudence…

 

La fin de semaine offrira un nouveau bilan d’étape précieux des écarts et de la physionomie générale de cette édition 2018 de l’AG2R LA MONDIALE.

Hardy-Ruyant, un solide duo pour un seul objectif : gagner la Transat AG2R !

Hardy-Ruyant, un solide duo pour un seul objectif : gagner la Transat AG2R !

Sérieux prétendants à la victoire, Adrien Hardy et Thomas Ruyant capitalisent 18 Transat à eux deux et de très nombreux atouts pour briller sur cette édition 2018 de l’AG2R La Mondiale. AGIR RECOUVREMENT est un figaro incontournable du circuit : 2e de la Solitaire du Figaro 2017 et 3e lors de l’AG2R 2016, le marin nantais espère bien remporter l’épreuve cette année. À trois jours du départ, le duo fait un tour d’horizon de la météo, de la stratégie et de ses ambitions.

À 3 jours du départ, Adrien Hardy et Thomas Ruyant sont sur les starting-blocks : « Nous sommes impatients de partir, explique Adrien, la phase de préparation est toujours longue : choix du matériel et des affaires de rechange, avitaillement, contrôle de sécurité, derniers préparatifs.  Partir sur une transat n’est jamais anodin ! Il ne faut rien oublier, bien gérer la récupération des données à bord, et à 3 jours du départ on peut commencer à réfléchir et esquisser des stratégies de course. »

Un départ lent  puis un coup d’accélérateur au Cap Finisterre

Le skipper d’AGIR RECOUVREMENT détaille la situation météorologique des premiers jours : « L’anticyclone des Açores génère des hautes pressions qui s’étendent vers la France et provoque un vent faible, pas plus d’une dizaine de nœuds. Il faudra traverser cette dorsale durant les deux premières journées de course. Ensuite, nous rencontrerons du vent fort de secteur nord au Cap Finisterre : on bénéficiera alors des alizés portugais pour descendre rapidement vers les Canaries. 

Le démarrage de cette transat est plutôt agréable, on va commencer en douceur avec du vent faible et du soleil, puis le rythme va s’accélérer. Malgré tout, cette entame de  48 heures sera délicate, car l’objectif est de sortir de cette zone de vent faible : il y aura une prime aux premiers sortis qui auront ensuite davantage de vent et des écarts significatifs peuvent se créer. La traversée de la dorsale serait peut-être le seul moment crucial de la Transat puisqu’ensuite la trajectoire sera plutôt une longue ligne droite et une course de vitesse. Dans les alizés portugais, nous aurons des conditions musclées jusqu’à 40 nœuds : il faut bien gérer les différents spi, réussir à bien les garder gonflés et trouver le bon réglage entre vitesse, puissance et prudence. Nous aurons des pointes à 14, 15 et 16 noeuds, avec des moyennes de 11 à 12 nœuds. » 

Le dunkerquois Thomas Ruyant enchaîne: «  Nous aurons une première semaine de course particulièrement physique : les deux premières journées dans la pétole seront exigeantes en termes de réglages, d’observation du plan d’eau. À partir de l’Espagne, nous aurons 3, 4 jours dans du vent fort : il faudra se relayer toutes les heures au lieu des quarts habituels de 2h. Pendant l’heure où on ne barre pas, on met 3 à 5 minutes pour se déshabiller, plus un peu de temps pour s’occuper de la navigation et de réflexion stratégique, plus 3 à 5 minutes pour se rhabiller, cela fait tout ça de moins pour le sommeil ! Au bout d’une semaine, les organismes seront donc déjà bien sollicités. » 

Objectif victoire !

Désireux de réussir une belle transat, Adrien rappelle la détermination du duo : « L’objectif c’est la victoire ! En 2016, avec Vincent Biarnès à bord AGIR RECOUVREMENT nous ne sommes pas passés loin. Cela dit, en Figaro l’objectif de victoire est toujours ambitieux, car nous avons les mêmes bateaux et chaque course apporte son lot d’inattendu. On connaît les grandes lignes de l’histoire, les détails, les aléas et les surprises nous sont inconnus ! Il y a 6, 7 bateaux très performants. »

Départ de la course, dimanche 22 avril à 13h pour les 19 équipages et 3 890 milles de traversée.

 

 

 

Hardy et Ruyant analysent  les enjeux marins, écologiques et climatiques de la Transat AG2R

Hardy et Ruyant analysent les enjeux marins, écologiques et climatiques de la Transat AG2R

Avec le prologue disputé hier dans des conditions musclées, l’AG2R LA MONDIALE a offert les premières images saisissantes d’un spectacle qui débutera à Concarneau le 22 avril. Si une Transat évoque avant tout les surfs alizéens et la route vers les latitudes clémentes, il faut aussi rappeler la dimension matérielle de cette aventure : un Figaro de 3 tonnes et 2 skippers (Adrien Hardy et Thomas Ruyant, solides prétendants à la victoire), qui consommeront 120 litres d’eau à deux, 50 litres de gasoil et un panneau solaire pour recharger les batteries du bord, pour une traversée de 20 jours de mer jusqu’à Saint-Barthélemy (3 890 milles). Revue en détail avec Adrien et Thomas des enjeux marins, écologiques et climatiques d’une Transat.

Adrien Hardy aime rappeler qu’accomplir une traversée de l’Atlantique aujourd’hui fait écho aux premiers exploits de la fin du XVe siècle : « Partir pour traverser l’Atlantique à la voile nous rappelle l’histoire des premières traversées réalisées par les pionniers. Les conditions sont très différentes à bien des égards, mais nous avons en commun cette géographie irréductible : nous allons parcourir la même distance sur le même océan qu’il y a plusieurs siècles ! Notre quotidien sera occupé à différentes tâches : faire avancer le bateau, analyser la stratégie, se nourrir, entretenir le bateau. Comme au temps de Christophe Colomb, le parcours d’une Transat se fait en fonction des vents dominants : c’est à partir des Canaries, là où les alizées se forment, que l’on établit notre route pour être porté par ces vents qui nous transporteront jusqu’aux Antilles. »

« La présence massive et récente de ces algues doivent nous alerter sur le changement du milieu marin »

Une des spécificités d’une Transat en 2018, c’est qu’elle se déroule sous un ciel inquiétant et instable : celui du changement climatique. Le marin perçoit-il des effets particuliers à partir de son poste d’observation ? « À mon échelle, explique Adrien, il est difficile de dire si le milieu marin a évolué, de mesurer les changements sur une période relativement courte. Pour autant, entre ma 1ere mini-transat il y a 15 ans et aujourd’hui, j’ai remarqué que les poissons volants qu’on voyait à partir de la latitude de Gibraltar-Madère il y a 15 ans, on les rencontre actuellement à la hauteur de Porto… c’est probablement un signe de réchauffement des océans, de remontée vers le nord de certaines espèces de poissons.

Il y a également les sargasses, des algues qui se développent à partir du nord du Brésil et migrent dans l’Atlantique et vers îles des Caraïbes. Elles peuvent s’étaler sur plusieurs dizaines de kilomètres en mer, elles recouvrent l’eau, et un peu comme les nénuphars sur un étang entraînent une eutrophisation de l’eau et perturbe le milieu marin. Depuis 2011, on a constaté une augmentation de la quantité et de superficie de ces algues, on en rencontre assez tôt, à mi-distance des Canaries et des Antilles. » Thomas insiste également sur « la présence massive et récente de ces algues qui doivent nous alerter sur le changement du milieu marin : est-ce l’effet du réchauffement climatique, de pollutions ? À notre échelle d’une dizaine années de recul, il faut être prudent sur les conclusions, mais il y a dégradations des océans. J’avais notamment été marqué par la pollution des mers lors d’un convoyage le long du Portugal : il n’y avait pas de vent du tout, l’eau était comme un lac et on pouvait observer des milliers de particules de pollution, du plastique notamment. Dès lors qu’il y un peu de vent, la mer est en mouvement et on ne voit généralement pas ses éléments… »

« Fonctionner davantage à l’économie, à la sobriété et  à l’efficacité énergétique »

Le skipper d’AGIR RECOUVREMENT abonde dans ce sens : « Il y a effectivement les objets flottants : palettes, néons, sacs plastiques, etc. De la terre on pense que la mer est infinie, car le regard se perd dans l’horizon, mais quand on a traversé l’océan on mesure que la mer est certes une grande étendue, mais pas illimitée, et surtout, elle ne peut évidemment pas absorber tout ce qu’on rejette. L’addition quotidienne et successive de rejets de toutes sortes sature un milieu même aussi vaste que les océans ! Nous devons faire bien plus attention à nos déchets au quotidien, les emballages, au gaspillage. La navigation en mer est en partie une parabole de ce qu’on pourrait et devrait faire à terre : fonctionner davantage à l’économie, à la sobriété et  à l’efficacité énergétique. Cela dit, le milieu de la voile a aussi beaucoup à faire : être moins gourmand en énergie et moins de matières premières. »

Les deux marins s’imaginent en 2030 et réfléchissent aux évolutions que pourrait vivre l’AG2R : « Pourquoi ne pas faire une transat avec 0 litre de gasoil, installer des hydroliennes pour générer notre propre énergie comme cela se fait sur d’autres bateaux, c’est une évidence ! Une fois arrivés à Saint-Barthélemy, pourquoi ne pas réfléchir ensuite à un retour des bateaux à la voile lors d’une course vers la Bretagne ? Cela nous éviterait le retour par cargo, il faudrait passer par l’Atlantique Nord. » Thomas complète son compère : « L’exemple de Conrad Colman lors du dernier Vendée Globe doit nous inspirer, il n’a pas utilisé de gasoil pour produire de l’énergie. On peut aussi réfléchir à une évolution des matériaux, car on sait que ceux qui sont aujourd’hui utilisés ne sont pas irréprochables… » Lors des longues heures à la barre au portant, nul doute qu’Adrien et Thomas phosphoreront sur les évolutions possibles et souhaitables à mener en course au large et à différentes échelles à terre !

Rédaction Quentin Hardy

8ème à Concarneau

8ème à Concarneau

Ce matin, Thomas Ruyant et Adrien Hardy, skipper AGIR Recouvrement ont coupé la ligne d’arrivée de Solo Concarneau Trophée Guy Cotten en huitième position. Prochaine étape : le départ La Transat AG2R La Mondiale le 22 avril.

« Dès le début de la course, nous avons fait le choix de passer au Sud de Groix » explique Adrien. « Nous étions au louvoyage et le vent a basculé à gauche ce qui a été pénalisant pour notre option. Nous nous étions aussi mis en tête de rattraper les Solitaires qui étaient partis 20 minutes avant nous ce qui n’était pas une bonne idée. Bref, nous avons perdu beaucoup de terrain à ce moment et ensuite c’est parti par devant et nous n’avons jamais réussi à revenir. Je retiens, tout de même, pas mal de bonnes choses dans notre façon de naviguer ensemble. C’est positif pour la Transat. »