Solo-Duo Concarneau : une course de préparation de 300 milles pour Hardy-Ruyant

Solo-Duo Concarneau : une course de préparation de 300 milles pour Hardy-Ruyant

À 15h ce jeudi 5 avril, 24 solitaires et 10 équipages doubles s’élanceront à bord de leur Figaro pour la Solo/Duo Concarneau – Trophée Guy Cotten. Cette boucle de 300 milles et 2 nuits de mer offre un parcours côtier technique : passage de la pointe de Bretagne, de Ouessant, Belle-Ile et l’Ile d’Yeu, soit une quinzaine de marques de parcours à respecter. À moins de 3 semaines de l’AG2R La Mondiale et ses 3 800 milles, Adrien Hardy, le skipper d’AGIR RECOUVREMENT prendra le départ avec son coéquipier Thomas Ruyant avec l’intention de parfaire sa préparation d’avant-saison et de valider les derniers détails. Les conditions musclées, entre 20 et 30 nœuds, offriront une mise en jambe tonique et un beau spectacle.

 

Concentré sur la dernière ligne droite des préparatifs de l’AG2R, « en ce moment, explique Adrien, nous nous occupons du poids des bagages : choix du matériel embarqué, quantité et portions de nourriture, quantité d’eau par jour, rangement à bord, etc. », le skipper nantais rappelle les enjeux de cette Duo Concarneau : « C’est une course côtière avec beaucoup d’éléments de parcours à respecter entre le large de Brest et l’ile de Groix, c’est donc assez différent d’une traversée de l’Atlantique, mais elle fait appel aux mêmes enjeux : choix stratégique, fluidité de la communication à bord, manœuvres, etc. Nous n’avons pas fixé d’objectif de résultat avec Thomas, nous comptons poursuivre notre préparation et finir notre rodage ! L’objectif est d’avoir un bateau le plus proche possible de la configuration de l’AG2R. » Thomas Ruyant précise : « Cette course va surtout valider un fonctionnement à bord du bateau et permettre une bonne gestion des nuits en mer. »

 

« On est content de régater dans cette brise ! »

À l’aise dans le vent soutenu, Adrien détaille la météo des prochains jours : « La première nuit sera sportive, puis les conditions seront plus maniables. C’est plutôt bien d’avoir ce vent, cela va nous permettre d’affiner des réglages et de bien nous coordonner dans des conditions musclées. » « On est content de cette brise, souligne Thomas, car on n’avait pas eu trop de vent dans notre préparation, ça va compléter nos conditions d’entrainements. Cette course est un galop d’essai, on va se confronter avec une partie de la flotte, le parcours est technique avec plusieurs points à négocier. Vu les conditions, la course va être intense et rapide ! »

 

Comment se préparer à traverser l’atlantique ?

À moins de trois semaines du départ, Thomas revient sur la spécificité d’une transat : « Si nous avons de nombreuses transats à notre actif, ce n’est jamais anodin de traverser l’Atlantique ! D’autant plus qu’il y aura deux compétiteurs à bord, on ne voudra rien lâcher et surtout pas la barre où on se relayera à tour de rôle. » Adrien ajoute : « Malgré l’expérience d’une dizaine de transat, il y a toujours beaucoup de choses à préparer, y compris mentalement. Ce n’est pas un voyage de routine, il y a toujours des choses imprévues qui arrivent et il faut être préparé pour y faire face. Contrairement aux activités sur terre où il y a plein d’assistance possible, dans une transatlantique, on est loin de tout : on ne peut pas s’arrêter chez l’épicier du coin ou le garagiste !

Je me repense souvent à ma première transat en Mini 6.50, il y a 15 ans, c’était le grand saut ! Avec l’expérience, j’ai une bonne idée du cadre général que l’on va rencontrer, mais pas des détails : on se prépare donc sur plusieurs plans, afin de répondre, au cas où, à des situations différentes ou inconnues. »

Les deux marins pourront compter sur leur quinze d’expérience de course au large sur de multiples supports, et spécialement les dix ans d’expérience en Figaro pour Adrien. Les figaristes devraient franchir la ligne d’arrivée dans la journée de samedi à Concarneau.

Hardy et Ruyant un solide duo parmi les favoris de la Transat AG2R

Hardy et Ruyant un solide duo parmi les favoris de la Transat AG2R

2e de la Solitaire du Figaro 2017, le figaro AGIR RECOUVREMENT s’alignera au départ le 22 avril prochain de la Transat AG2R La Mondiale avec l’objectif de remporter cette épreuve difficile. Son skipper Adrien Hardy embarquera le talentueux nordiste Thomas Ruyant. Proche à terre comme en mer, les deux compères ont déjà disputé ensemble la Transat Jacques Vabre 2015 avec une superbe 4e place derrière les ténors du circuit 60 pieds puis en Figaro le Tour de Bretagne 2017 où ils ont terminé 5e. Adrien et Thomas capitalisent à eux deux une série d’atouts qui les placent parmi les favoris de cette traversée de l’Atlantique entre Concarneau et Saint-Barthélemy : l’expérience de Transats disputées (11 dont 5 en Figaro pour Adrien, 7 pour Thomas), une polyvalence dans les supports (mini 6.50, Figaro, Class 40, 60 pieds), un savoir-faire de navigateur et de stratège, leur palmarès et leurs récents résultats…

La force et la particularité du duo

« Je suis très content de faire équipe avec Thomas que je remercie de venir disputer cette Transat AG2R La Mondiale » indique Adrien Hardy. « Il y a six mois, nous étions ensemble en Figaro sur le Tour de Bretagne qui s’est bien passé avec une  5e place. Nous formons un bon mélange de complicité à bord, d’amitié et de goût commun de la performance : nous avons tous les deux la même façon de parler de stratégie, nous sommes sur un pied d’égalité et la navigation à bord se fait naturellement. »

« Je suis ravi qu’Adrien fasse appel à moi, c’est flatteur, il fait partie des meilleurs figaristes du moment, c’est très stimulant ! Adrien est un marin qui a beaucoup de feeling sur l’eau, il a une manière de naviguer qui est très intéressante et dont j’essaie de m’inspirer » enchaîne le dunkerquois Thomas Ruyant, acteur du circuit des monocoques de 60 pieds IMOCA. « De mon côté, j’ai une manière de faire peut être plus cartésienne, qui je pense intéresse Adrien. Nos approches sont bien complémentaires ! A bord, on a un fonctionnement collégial : on réfléchit ensemble à la stratégie, notre duo a déjà été mis à l’épreuve pendant plusieurs courses et l’alchimie fonctionne bien ! On a un parcours assez proche, on a navigué sur toutes les classes : mini, figaro, class 40, 60 pieds … c’est finalement une polyvalence assez rare !  On a aussi navigué l’un contre l’autre en Figaro il y a quelques années, on se connaît bien et c’est important de savoir avec qui on part. »

Ambition et concurrence

« Lors de la dernière édition de la Transat il y a deux ans, nous (avec Vincent Biarnès) avons été  leader pendant la plus grande partie de la course pour finalement terminer 3e » rappelle le skipper d’AGIR RECOUVREMENT. « Je vais disputer ma 5e transat en Figaro et ma 11e au total, je suis content de faire partie des marins expérimentés et de venir sur cette course pour viser la victoire ! Mais il faut rester prudent car en mer, il peut toujours y avoir des surprises. Le niveau est tel que l’an dernier, il y avait seulement 40 minutes d’écart entre les 3 premiers après 20 jours de mer… La récente reprise d’entraînement m’a montré une nouvelle fois que le Figaro demande des marins irréprochables : après plusieurs mois de pause et après 10 ans de Figaro, il faut un peu de temps avant de retrouver son meilleur niveau et on apprend à chaque sortie ! Il faut sans cesse approfondir les fondamentaux pour être à un niveau d’excellence. »

« Il faut rappeler que la classe Figaro a le niveau le plus élevé en course au large aujourd’hui ! C’est une joie et une chance de naviguer avec Adrien, cela me met une bonne pression pour réussir alors que cela sera ma première Transat AG2R » ajoute Thomas, récent 4e de la Transat Jacques Vabre avec Boris Herrmann.

Retour sur la saison Figaro 2017

« En juin 2017 lors de la Solitaire, il y a eu un bon alignement des planètes : j’ai eu de très bonnes sensations pendant le mois de course, une parfaite communion avec mon partenaire AGIR RECOUVREMENT, et un état qui m’a permis de me dépasser dans beaucoup de domaines (sommeil, envie de gagner). Le point fort de ce résultat est de me donner la satisfaction d’avoir concrétisé ma façon de naviguer, d’avoir bien optimisé mes différentes compétences et d’inscrire sur le papier cette performance » explique Adrien. « J’étais en progression constante sur la Solitaire depuis 10 ans, sans jamais abandonner une étape ou une course, en brillant sur plusieurs étapes. En 2017 j’ai eu une alchimie particulière qui, tout en conservant ma ligne de conduite et mon style de navigation, m’a permis d’accéder à ce niveau, que j’espère retrouver lors de la Transat ! »

La spécificité d’une Transat en Figaro

« J’ai 7 transats à mon actif. Avec le Figaro nous sommes sur des petits bateaux, sur un support moyennement rapide,  la transat sera longue, et on sait que généralement cela se joue sur des détails même si la trajectoire est primordiale » dixit Thomas. « Le pilote n’étant pas très performant, c’est capital de barrer souvent mais il faut veiller à ne pas s’épuiser à la barre et trouver le juste milieu. »

11e année pour AGIR RECOUVREMENT !

« Je suis toujours aussi content de porter les couleurs d’AGIR RECOUVREMENT, je vais continuer à être aussi exigeant sur l’eau qu’ils le sont dans l’entreprise » conclut Adrien.

Christophe Duperray, directeur général d’AGIR RECOUVREMENT, précise : « Nous sommes très heureux de poursuivre une nouvelle année avec Adrien sur un circuit dont le prestige ne faiblit pas : le niveau sportif reste exceptionnel et la concurrence entre bateaux est plus disputée que jamais. C’est une bonne allégorie de notre secteur d’activité et un bel exemple à suivre afin que nous continuions collectivement à progresser ».

Du 3 au 8 avril, AGIR RECOUVREMENT disputera en duo avec Thomas Ruyant la SOLO CONCARNEAU, premier round d’observation pour les figaristes avant le départ de l’AG2R deux semaines plus tard. D’ici là, le tandem va enchaîner les sessions de navigation au large de Lorient.

 

Solitaire 2017 : l’éclatante 2e place d’Adrien HARDY au classement général !

Solitaire 2017 : l’éclatante 2e place d’Adrien HARDY au classement général !

Adrien HARDY, 32 ans, conserve sa deuxième place au classement général de la Solitaire URGO le Figaro juste derrière Nicolas Lunven, vainqueur de cette édition 2017 ! Le skipper d’AGIR RECOUVREMENT a franchi la ligne d’arrivée en 12e position ce vendredi matin, 14 minutes et 21 secondes derrière le vainqueur de l’étape Charlie Dalin. Indéniablement, pendant ces trois semaines de course, il s’est imposé comme un marin redoutable  et comme l’un des animateurs principaux : outre trois podiums sur quatre étapes dont une victoire, le navigateur nantais remporte le classement Radio France et Turquie, deux classements intermédiaires au début et au 2e tiers de la course qui témoignent de son impressionnante régularité aux avant-postes. La performance d’Adrien est d’autant plus remarquable qu’en 9 participations à la Solitaire, il n’avait réussi qu’une fois à terminer dans le Top 10 en 2014 avec une 7e place au général, année où il termine vice-champion de France de Course. On sentait une pointe de déception à l’arrivée, car en 3e position à Wolf Rock mercredi Adrien avait réduit de 24 à 10 minutes son retard au général sur Lunven. Cette 2e place au classement final est un très beau cadeau pour fêter les 10 ans de partenariat avec son fidèle sponsor AGIR RECOUVREMENT et couronne un athlète complet !

 

 Après quatre jours de mer dans des conditions de vent extrêmement changeantes et exigeantes, rendant presque impossible le repos, c’est un Adrien Hardy exténué qui livre ses impressions : « Au départ à Bordeaux, l’objectif officiel était le podium, mais au fond de moi-même je visais la victoire. Je rêvais d’offrir une victoire à mon partenaire qui m’accompagne depuis 10 ans… Mais quand on voit le niveau d’excellence de cette course, 2e au classement général avec trois podiums sur les trois premières étapes, c’est un excellent résultat ! C’est la première fois que je me sens aussi à l’aise, j’ai toujours navigué devant, j’étais bien en phase avec les éléments, j’avais une bonne vision des choses. Quelle joie de goûter à cette quasi-victoire, il ne me manque plus grand-chose pour remporter cette course ! Etre si régulier au général, c’est un gros bond en avant !

J’ai adoré cette Solitaire ! Quand on passe Wolf Rock, je sens qu’il y a une vraie carte à jouer, je pense que Nicolas n’était pas si fier que ça. Sur cette étape, c’est toujours revenu par l’arrière, même si j’en ai profité certaines fois. La flotte s’est toujours retassée. Cette étape était superbe et épuisante. En termes de sommeil je pense que je n’ai jamais été aussi fatigué : 3 nuits blanches sur 4… Cette course est géniale… Nicolas m’a mené la vie dure, il a gagné il a été super fort, il s’est un peu affolé à un moment, il y a eu tellement de renversement de situations. Il se passe plein de choses dans la tête, c’est super positif tout ça ! A la fin, j’ai fait des supers trucs, j’avançais vite, j’étais encore plein d’espoir. J’ai adoré. »

 

« Les 10 ans de partenariat dans les voiles, ça m’a permis de me battre comme jamais ! »

« Il m’a manqué un peu de vitesse, notamment par rapport à Lunven. Si j’ai réussi à être devant lui, c’est par des placements, j’ai encore une marge de progression sur la vitesse, c’est une somme de plein de petites choses, difficiles à analyser. Cela dit, 30 minutes de retard sur 15 jours de course cumulés, ce n’est pas grand-chose ! Le défi de cette dernière étape était dur à relever : 25 minutes de retard, c’était beaucoup en Figaro. Jusqu’à 15 minutes c’est possible, c’est d’ailleurs l’avance que j’avais sur lui à Wolf Rock…

Ce sport est génial : il y a une quantité de revirements de situation, des imprévus, des étapes qui durent 4 jours plutôt que deux. Cette course oblige à s’adapter en permanence, à se remettre en question, à ne jamais crier victoire trop tôt et aussi se dire que rien n’est jamais perdu, qu’il faut continuer à observer pour récupérer tous les indices possibles pour bien analyser la situation.

Cette course est hors-norme. J’avais en tête le défi lancé avec Stéphane Paye, président-directeur général d’AGIR RECOUVREMENT au mois de décembre, les encouragements de tous les salariés, les 10 ans de partenariat dans les voiles, ça m’a permis de me battre comme jamais ! J’ai une chance d’être soutenu et entouré par la famille « AGIR ». Je suis heureux d’offrir ces trois semaines de course extrêmement riches en émotions. »

« Adrien a été exemplaire sur cette course »

Le directeur d’AGIR RECOUVREMENT, Christophe Duperay revient sur l’importance de cette victoire : « Nous sommes ravis de cette 2e place, pendant trois semaines ça été un grand partage d’émotions ! Adrien a réussi un résultat exceptionnel qui ressemble à un concentré de ce qu’on a vécu avec lui depuis 10 ans. Cela été un moment très fort avec lui et en interne.

Si on a ressenti à l’arrivée la déception d’Adrien de ne pas avoir gagné, il a fait preuve de trois grandes qualités : une capacité d’engagement exceptionnelle ; une faculté à améliorer le moindre détail et à inventer des manières de répondre différemment selon les situations ; une motivation extrêmement élevée. J’ai été également impressionné par sa capacité de discernement à l’arrivée où il était déjà dans l’analyse des petits éléments qui lui ont manqué pour cette victoire.

Adrien a été exemplaire sur cette course, épanouie depuis le début, aussi à l’aise sur l’eau qu’en interviews. Ce résultat on le doit aussi à Stéphane Paye qui a initié ce partenariat et a su détecter tôt tous les talents d’Adrien. »

A 24h de l’arrivée de la 4e étape, Hardy et Lunven à nouveau au contact

A 24h de l’arrivée de la 4e étape, Hardy et Lunven à nouveau au contact

À 190 milles de l’arrivée, une quinzaine de figaristes se trouvent sur une ligne du nord au sud, avec une dispersion en latitude qui tend à se réduire depuis le petit matin. Le skipper d’AGIR RECOUVREMENT s’est positionné le plus au sud de la flotte pour espérer bénéficier d’un vent tournant progressivement à droite alors que ses concurrents du nord et du centre devront faire plusieurs empannages pour se recaler sur la route directe. Actuellement sous spi en 7e position avec 1,8 milles de retard sur le leader Alexis Loison, Adrien Hardy est bord à bord avec Yann Eliès. Depuis hier soir Nicolas Lunven a été très rapide et a repris un mille dans l’axe de la tête de flotte et s’est repositionné à proximité d’AGIR RECOUVREMENT. Si la journée d’hier lors de la remontée vers Wolf Rock a été favorable à Adrien, la dernière nuit l’a été pour Lunven ; quel skipper tirera la meilleure partie de cette journée de navigation où les marins enrouleront la marque Owers dans l’Est de l’île de Wight ? Réponse en fin de journée.

3e à Wolf Rock, Hardy bien placé pour jouer la victoire d’étape et le général !

3e à Wolf Rock, Hardy bien placé pour jouer la victoire d’étape et le général !

À 17h37 le leader de cette 4e étape Sébastien Simon a enroulé le mythique pharede Wolf Rock, suivi par Charlie Dalin 1 minute 22 secondes et Adrien Hardy 2 minutes 40 secondes plus tard. Le skipper d’AGIR RECOUVREMENT a réussi une excellente journée de navigation en se positionnant à l’Ouest de la flotte et en réussissant à revenir à quelques dizaines de mètres des deux premiers. Adrien a superbement bien négocié les transitions de vent : à chaque rotation, il a soigné sa trajectoire et basculait du spi au génois ce qui lui a permis de passer de 0,8 milles de retard sur le premier à 7h ce matin à 0,3 milles au passage du phare. Il a également réussi à creuser l’écart avec ses poursuivants et notamment Nicolas Lunven. Alors que les deux leaders au classement général étaient bord à bord hier soir dans le Chenal du Four, Adrien est passé avec 14 minutes d’avance devant Lunven. Si le marin nantais accuse 24 minutes et 35 secondes de retard au général, les 14 minutes d’avance sur Lunven constituent un sérieusement avertissement et porte un coup psychologique au skipper de Generali qui est désormais sous pression. Il reste 290 milles à parcourir dans un vent forcissant et avec des jeux de courants selon la marée descendante ou montante. Les figaristes avancent actuellement à près de 10 nœuds et se dirigent vers la marque Owers dans l’Est de l’île de Wight. Actuellement, l’ETA prévoie une arrivée pour les premiers le vendredi au petit matin.

Regroupement général en Manche, Adrien dans le sillage du leader Dalin

Regroupement général en Manche, Adrien dans le sillage du leader Dalin

Les 24 dernières heures ont été riches en rebondissements : sur un air d’accordéon, tantôt s’étirant brutalement dans un sens, tantôt se ramassant pour un nouveau départ, la flotte a connu d’étonnant yo-yo. Hier en début d’après-midi, le skipper d’AGIR RECOUVREMENT avait soigné sa trajectoire avant le passage de l’Occidentale de Sein, ce qui lui permettait de bien revenir dans le match et de passer cette marque de parcours en 6e position. Dans un vent distribué très aléatoirement et avec un courant contraire, la flotte se regroupait hier soir dans le chenal du Four. Légèrement plus à terre que plusieurs de ses concurrents, Adrien Hardy bénéficiait d’un petit souffle qui lui permettait de passer en 3e position. Mais après 48h de course, les écarts entre les 20 premiers sont de moins de 2 milles et tout reste à faire alors qu’il reste encore 360 milles à courir d’ici Dieppe. À 60 milles de Wolf Rock, le jeu des petits placements ne fait que commencer. Le vent d’ouest irrégulier fait varier la vitesse des bateaux de 2 à 6 nœuds. À l’approche de l’Angleterre, le vent pourrait fraichir et accélérer le rythme de progression.

Après 24h de course, Hardy distancé dans un vent faible et aléatoire

Après 24h de course, Hardy distancé dans un vent faible et aléatoire

Près de 24h après le départ de Concarneau, les figaristes ont parcouru seulement 55 milles sur la distance théorique vers Dieppe, soit un peu plus de 10 % du trajet total… Cette première partie de course laborieuse et aléatoire a été éprouvante pour les marins qui ont alterné entre nettoyage des nombreuses algues, gestion du courant et lecture du plan d’eau pour trouver le moindre souffle de vent. Les deux leaders au classement général, Lunven (12e) et Hardy (13e), décrochés depuis le départ, se trouvent ce matin bord à bord distant d’une trentaine de mètres ! Auteur d’un départ moyen en seconde ligne, Adrien avait ensuite réussi à bien revenir en choisissant le bon côté du plan d’eau pour rallier la bouée Radio France, mais alors qu’il avait croisé juste devant Anthony Marchand qui passe 3e à la bouée, il a opté pour un bord plus conservateur au centre de la flotte qui l’a sérieusement ralentie. Après la bouée passée en 22e position, il a choisi une trajectoire au vent de de la route en espérant attraper le synoptique en premier et se protéger du courant. Finalement, c’est l’autre bord extérieur qui payait et Adrien accuse ce matin 2,3 milles de retard sur les leaders… Actuellement les bateaux avancent entre 4 et 5 nœuds et Adrien semble avoir choisi le bord le plus favorable plus au large. Si le vent se maintient, les figaristes devraient passer l’Occidentale de Sein vers midi avec le courant portant puis traverser le Chenal du Four dans la soirée.

4 jours de mer et une dernière étape ouverte pour Hardy qui vise la victoire finale

4 jours de mer et une dernière étape ouverte pour Hardy qui vise la victoire finale

À 14h ce lundi, les 43 solitaires se lanceront pour l’ultime étape de la Solitaire URGO le Figaro. Au programme : 505 milles entre la pointe Finisterre, la Cornouailles anglaise et les falaises calcaires de Normandie. Une météo complexe et changeante rend cette 4e étape incertaine quant à son issue et passionnante à suivre ! Tous les regards seront braqués sur le duo Nicolas Lunven/Adrien Hardy, car les 24 minutes et 35 secondes qui les séparent paraitront peut être peu de chose au regard des nombreux chausse-trappes de l’étape : 24 premières heures nuit avec du vent faible et du courant, une traversée de la Manche au reaching dans un vent de 15/20 nœuds, un grand bord sous spi le long des côtes anglaises dans un vent incertain et une descente au reaching jusqu’à Dieppe… En position de chasseur, Adrien Hardy espère bien conclure en beauté et avec une victoire, une édition 2017 qui l’a déjà consacrée comme un des deux grands animateurs de la course !

Bien reposé et en confiance ce lundi matin, le skipper d’AGIR RECOUVREMENT expose les grandes lignes de cette 4e et dernière étape de la Solitaire URGO Le Figaro : « Nous allons vivre une étape qui peut générer des écarts conséquents. Nous allons partir avec très peu de vent. Les 24 premières heures vont être compliquées, difficiles et incertaines… Nous allons partir de la baie de la Forêt puis il faudra contourner et s’extirper de l’archipel des Glénans. Il y aura potentiellement des bulles sans vent, on pourrait même mouiller et reculer à cause du courant. Mardi soir nous devrions passer le Chenal du Four, et on pourra faire un premier bilan à ce moment-là. Cette première partie de parcours peut créer des écarts importants.

Lors de la traversée de la Manche au reaching, le vent d’est d’une quinzaine de nœuds tournera à l’ouest, il faudra bien se placer pour cette transition de bâbord à tribord amure. Après Wolf Rock, on longera les côtes anglaises sous spi dans 10 nœuds, bien qu’il y a une grande incertitude sur le vent. Cela devrait être un bord assez classique bien qu’il puisse y avoir des différences de trajectoires, car les coefficients de courant augmentent progressivement au fil de la semaine.

Les prévisions météo d’aujourd’hui seront fragiles à partir de mercredi, il faudra bien récupérer les bulletins météo et les analyser, car il restera alors deux jours de mer. Le jeudi nous traverserons à nouveau la Manche dans 20 nœuds au reaching.

C’est bien c’est une étape avec des opportunités pour être devant, il y aura des rebondissements ! Il faudra être excellent pour la gagner. Je vais m’appliquer sur tous les détails et tout mettre en œuvre pour que mon figaro aille vite et au bon endroit. L’objectif est de remporter l’étape et la victoire finale, si Nicolas termine 5 minutes derrière moi, j’aurais fait le maximum. Je ne regarde pas les concurrents de derrière, je suis déterminé pour terminer cette solitaire en beauté. »

Les routages annoncent une arrivée dans la journée de vendredi à Dieppe.

3e à Concarneau et 2e au général, Hardy en compétition serrée avec Lunven pour la victoire finale !

3e à Concarneau et 2e au général, Hardy en compétition serrée avec Lunven pour la victoire finale !

En franchissant la ligne à 11h ce vendredi à Concarneau, Nicolas Lunven s’est imposé avec 5 minutes d’avance sur Gildas Mahé et 12 minutes 47 secondes sur Adrien Hardy. Le skipper Generali a bien négocié les deux dernières heures de course et a réussi à distancer ses deux autres poursuivants. Le skipper d’AGIR RECOUVREMENT a réussi une très belle 3e étape, depuis départ en tête hier il est passé à la marque de parcours Trophée Turquie au sud de Belle-Ile en 4e position puis est bien revenu en fin de nuit en 2e position sur les talons de Lunven pour terminer finalement 3e. Trois étapes et trois podiums pour Adrien Hardy : le marin nantais poursuit son excellente dynamique sportive et conforte sa 2e place au classement général. Un beau cadeau d’anniversaire pour les dix ans de partenariat avec AGIR RECOUVREMENT ! Il relègue ses plus proches poursuivant à bonne distance : 37 minutes pour Charlie Dalin et 45 minutes pour Sébastien Simon, respectivement 3e et 4e au général. Pour remporter la Solitaire du Figaro 2017, il devra reprendre 24 minutes à un Lunven rapide et redoutable. Un objectif exigeant mais atteignable pour le marin nantais qui brille généralement sur la dernière étape et a remporté à deux reprises l’étape s’achevant … à Dieppe !

Beau joueur et pas rancunier, les premiers mots d’Adrien sur le ponton sont pour son principal concurrent qui a, cette fois, remporté l’étape : « Un grand bravo à Nicolas, il navigue hyper bien, pour la dernière étape il va falloir être parfait pour gagner à Dieppe ! J’ai pris un plaisir fou durant toute cette étape, comme les autres d’ailleurs. C’est beaucoup plus plaisant d’être devant. Je me suis vraiment amusé, c’était extraordinaire de naviguer à fond tout le temps. Je n’ai pas lâché la barre depuis le début. J’avais des petits aliments à grignoter, de l’eau à portée de main et le parcours affiché à côté de moi, je n’avais quasiment pas besoin de descendre en bas. »

Très incisif au départ, Adrien a réussi à imposer son rythme dès les premières minutes de la course : « J’ai pris un superbe départ qui m’a bien propulsé en tête. Ensuite j’ai eu un petit déficit de vitesse sous spi, je n’ai pas pu faire grand-chose, j’ai vu le paquet revenir, j’ai réussi à tenir bon à force de border, de choquer, j’ai vraiment tout donné. Je passe 4e à 3- 4 minutes derrière Lunven. Cette nuit, au près, j’ai fait une petite erreur de trajectoire sur une bouée qui m’a coûté un peu puis je suis bien revenu en vitesse. Ce matin à la bouée des Glénans à 10 milles de l’arrivée, je suis revenu en deuxième position, très proche de Nicolas, mais il joue bien le coup et me laisse partir du mauvais coté du plan d’eau… C’est le jeu, mais c’est une petite déception car je ne suis pas allé au bon endroit… J’ai perdu 5 minutes sur la fin. Sur les 24h de course, j’ai barré 23h30, physiquement c’est éprouvant, le corps et le dos souffrent ! »

Depuis l’année 2014 où Yann Eliès et Jérémie Beyou avait largement dominé la Solitaire et s’échangeaient alternativement les premières places, on n’avait pas vu un duo de skippers mener aussi manifestement le reste de la flotte. Pour cette édition 2017, Hardy et Lunven n’ont cessé d’occuper successivement la tête de flotte et se sont encore retrouvés ce matin bord à bord pour les derniers milles de la course : « La dernière étape va être magnifique. Je suis toujours aussi motivé, en pleine forme, c’est un vrai bonheur de disputer cette dernière étape en 2e position. Je suis complètement capable de gagner le général. Nicolas sait que je suis tout le temps à l’attaque, il sait que s’il me laisse la moindre opportunité je vais la saisir… pour lui cela ne va pas être facile ! Je suis un attaquant, il le sait. Je me réjouis de la configuration de cette dernière étape, j’ai d’excellents souvenirs à Dieppe, elle me porte chance. »

Après trois étapes disputées, le bilan sportif d’Adrien résonne à merveille avec l’anniversaire des 10 ans de partenariat avec son sponsor choletais AGIR RECOUVREMENT. S’il avait gagné trois étapes dans les éditions précédentes, il ne s’était encore jamais élevé à ce niveau de régularité et d’excellence. Une très belle manière de saluer la force de ce partenariat avec la « famille » AGIR qui le soutient depuis sa première saison en Figaro en 2008.

Les marins auront trois nuits pour se reposer avant le départ vers Dieppe lundi à 12h pour 520 milles.

À 11 milles de l’arrivée, Hardy et Lunven luttent bord à bord pour la victoire !

À 11 milles de l’arrivée, Hardy et Lunven luttent bord à bord pour la victoire !

Depuis le début de la Solitaire URGO Le Figaro, deux skippers occupent à chaque étape les premières places et cette 3e étape confirme l’ascendant qu’ont les skippers de Generali et d’AGIR RECOUVREMENT sur le reste de la flotte. Depuis le départ de Concarneau à 14h hier, ils ont occupé successivement la tête de course : après avoir été leader durant les premières heures, Adrien s’est fait légèrement débordé par Lunven dans la descente sous spi vers Belle-Ile. Lors de la remontée vers le phare de la Teignouse en première partie de nuit, Adrien a perdu un peu de terrain et se trouvait entre la 4 et 5e place avec 0,5-0,6 milles de retard sur Lunven. Puis dans la deuxième partie de nuit au près, le skipper d’AGIR RECOUVREMENT est revenu pleine balle à la 2e place et ne lâche pas d’une semelle Lunven. Durant les trois dernières heures, en distance de rapprochement au but, Adrien a parcouru plus de route que son principal concurrent et se trouve à 200 mètres dans son tableau arrière…
Au vu de la vitesse et de la capacité d’Adrien à être incisif sur les arrivées d’étape, il menace très sérieusement le leader au classement général. Comme lors de la 2e étape, la victoire risque de se jouer sur un fil, fil d’équilibriste d’autant plus incertain qu’avec le début de la journée et le réchauffement de l’atmosphère le vent menace de s’écrouler et de stopper net la progression des bateaux. À 11 milles de l’arrivée, les premiers arriveront peut-être à franchir la ligne avant les premiers calmes…