Portrait du skipper Adrien Hardy

Adrien Hardy

Skipper d’AGIR RECOUVREMENT

 

Adrien Hardy, un art de la polyvalence et une belle renommée !

 

À TERRE, Adrien Hardy sait (presque) tout faire : mécanique, électricité, électronique, soudure, bûcheronnage, apiculture, charpente ; il manie tous les outils et tous les supports, avec une préférence pour le travail de la résine, des matériaux composites et du bois. Il aime les problèmes sans solution apparente. Les déplacements de perspective qui offrent une autre manière de faire ou de produire. Il affectionne la recherche poussée quand il s’agit de gagner quelques dixièmes de nœuds en redessinant le profil de ses voiles ou le revêtement de sa carène de Figaro, et l’innovation plus tranchée quand il installe avant tout le monde en 2007 sur son Mini 6.50 un mat aile pivotant dans trois dimensions et une quille télescopique… Cette manière de voir ne l’a jamais quitté : il a construit ses différents projets voile en développant avec méthode cette indépendance de caractère et cet esprit méthodique de bricoleur-ingénieur. En quinze ans de course au large, il a toujours pensé avec ses mains et cultivé avec discrétion sa remarquable polyvalence.

En mer, à 32 ans, Adrien possède l’un des CV les plus complets et variés des marins de sa génération : il a roulé sa bosse sur presque toutes les coques et affiche un solide palmarès sur de nombreux supports. Après le bac, il mène de front ses cinq années de formation en marine marchande et sa découverte de la prestigieuse série Mini 6.50 où il remporte de beaux succès. De ses études, il gardera de nombreuses compétences et un savoir-faire maritime spécifique. De l’expérience en mer, une aventure extraordinaire de traversée de l’Atlantique sur des bateaux de 6 mètres 50 et un esprit voile hors du commun qui mêle solidarité et modestie. Son passage dans cette série sera marqué par un événement en 2007 qui lui donnera une réputation de marin redoutable et redouté. Alors qu’il franchit le Pot-au-noir et joue la première place, il démâte sans que l’espar se brise. Contre toute probabilité, à force d’habileté, il réussit à le  redresser grâce à un système de chèvre et à le remettre en place : au beau milieu de l’Atlantique, le voilà de nouveau dans la course et Adrien termine à la sixième place !

L’année suivante, il se lance dans l’aventure Figaro Bénéteau où il se classe 1er bizuth du Championnat de France de course au large. Depuis, il a remporté trois victoires d’étapes sur la prestigieuse Solitaire du Figaro ainsi que la Generali Solo, la Lorient Horta Solo et un titre de vice-champion de France de Course au large[1]. Ces résultats successifs font de lui un marin désormais incontournable du circuit Figaro.

Curieux des différents supports de course au large

Le marin nantais fait une immersion remarquée en 40 pieds en gagnant la Solidaire du Chocolat en 2009 puis en terminant 2e en 2012. À l’automne 2015, son goût pour les nouveaux horizons et son palmarès lui ouvre les portes des 60 pieds avec la Transat Jacques Vabre. Adrien et Thomas Ruyant, en course sur un bateau moins performant que la dizaine de prétendants, réalisent une superbe trajectoire et se classent 4e. Pour sa première course dans cette nouvelle classe, Adrien suscite l’admiration de ses devanciers qui sont autant de grands noms de l’IMOCA : Riou/Le Cléac’h/ Eliès. L’année 2016 est marquée par une belle performance en Figaro lors de la l’AG2R : grand animateur de la course et leader pendant 1/3 du temps global, Adrien a frôlé la victoire et se classe finalement 3e[2].

Que ce soit en compétition ou en opération de sauvetage, Adrien a la réputation de ne jamais abandonner. En 2013, lors d’une Transat en Figaro, il heurte un OFNI qui arrache la moitié de son safran et rend très difficile la conduite du bateau. Pendant quelques heures, le marin nantais transforme son habitacle en atelier de réparation de son safran cassé puis réussit à le remettre en place et à terminer la course[3]. La même année, il se lance dans des opérations de sauvetage de bateaux abandonnés (Mini Transat, Class 40). Dans cette catégorie, le fait d’arme le plus médiatique pour ce marin qui adore relever les défis est, lorsqu’il fut mandaté par l’assureur de SMA, le sauvetage récent et risqué du 60 pieds SMA au large de l’Irlande, après 3 semaines de dérive ! Les opérations de sauvetage sont une façon pour Adrien de mêler intiment sa double formation de coureur au large et d’officier de marine marchande.

On sait À quel point cette polyvalence et cette expérience sont fondamentales pour remporter une course mythique comme la Solitaire du Figaro. Avec trois victoires d’étapes à son actif, il connaît le goût du succès et a toutes les cartes en main pour briller sur l’édition 2017 !

[1] Victoire d'Adrien Hardy à bord d'AGIR Recouvrement de la Generali Solo 2013 : Voir la vidéo ci-contre.
[2] AGIR RECOUVREMENT vers les Canaries, 1er de l'AG2R (5e jour) : Voir la vidéo ci-dessous
[3] Caméra embarquée à bord d’AGIR Recouvrement : Voir la vidéo ci-dessous